A l'aube du printemps 1456, une confession, une duchesse, un

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A l'aube du printemps 1456, une confession, une duchesse, un cardinal...

Message par Aaron le Mer 2 Avr 2008 - 15:21

[hrp : en fait, j'attendais que tu lance dans le confessionnal. Peut-être attendais-tu que ce soit moi, à moins que tu n'ai pas eut le temps de le faire... enfin, voilà, nous y sommes maintenant...]



    Le cardinal suivit la duchesse à travers le château. Il aperçu par une fenêtre de la façade qu’il avait pu admirer en arrivant par de l’autre coté du fleuve, ce même cour d’eau qu’il avait traversé. Toujours d’un ton brun, la Loire sillonnait la vallée, laissant émerger, ici et là, en son centre, un bosquet, un îlot, où faune et flore foisonnait. Voilà où la duchesse aurait du faire son bal pensa le prélat !

    Ils ressortirent par un autre portail de l’autre côté du château. L’archevêque vit alors la belle petite chapelle, comme suspendue au-dessus du bourg. Avant d’y entrer, le cardinal se retourna et dit :


    Quelle magnifique vue vous avez, tout de même, depuis votre résidence… Je comprends que les rois de France et les membres de leur Cour y aient construit tant de château !

    Entré dans la chapelle, le vicomte fit une génuflexion à l’entrée du chœur. Puis, s’adressant à la duchesse.

    Si cela vous sied, je vous propose de nous installer ici, sur ces fauteuils…

    Et le cardinal d’indiquer à droite du chœur, en retrait, dans le petit transept, auprès d’une statue de saint où se trouvait plusieurs prie-dieu, le lieu où la duchesse d’Amboise pourrait soulager ses peines.

    Je crois que nous enfermer dans le confessionnal n’est pas nécessaire quand nous avons une si jolie chapelle à contempler…

    Le cardinal sourit.



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Re: A l'aube du printemps 1456, une confession, une duchesse, un

Message par Morgwen le Jeu 3 Avr 2008 - 11:04

[hrp : désolée, je n'ai pas vraiment eu le temps libre nécessaire pour faire une entrée en matière correcte. J'aurais du te prévenir mais je n'ai aps vu les jours filer. Merci de l'avoir faite.]

Traversée des logis, de salles et de cour. En chemin, Gwen remit sa fille à la nourrice. La petite dernière, fatiguée par la sortie et d'avoir observé avec intérêt le monde qui l'entourait, était somnolante dans les bras de sa mère puis d'Helen. Elle dormirait mieux dans son lit que dans une chapelle.
Guidant le Cardinal, elle ne put ne pas remarquer qu'il appréciait à sa juste valeur le panorama qui lui était offert et cela la rendit fière et heureuse. Amboise étant un joyau pour elle et les bords de Loire suscitaient toujours son admiration, ne lassant jamais son intérêt.

Chapelle délicate et à la douce ambiance accueillante. La pureté des frises et les dentelles de pierre appelaient à la méditation et à la repentance. Trop longtemps retardée...
Nervosité croissante chez le duchesse, elle ne pouvait plus faire demi-tour. Affichant un sourire où se lisait à la fois confiance et une note crispée, la Louve acquiessa en silence, la gorge un peu nouée, et s'installa près d'Aaron, sous le regard du saint patron de la chasse.


Ici, cela ira très bien...

Elle se mordit la langue pour ne pas ajouter qu'il était préférable d'être bien installé car elle avait beaucoup à demander pardon au Très Haut.
La Louve ne trouvait rien de mieux à répondre aux aimables propos de l'ecclésiastique. Langue de plomb et doute, voilà qui n'étaient pas dans l'image qu'elle arborait toujours à la face du monde. En cet instant, elle se sentait comme une enfant face à son Père dont le cardinal était le représentant.
Tentant de se resaisir, consciente de son silence un peu lourd, elle se leva à l'arrivée d'une servante qu'elle avait fait mander lors de son passage par le Logis. Celle-ci apportait du vin coupé et deux gobelets finalement ouvragés. Morgwen prit le petit plateau et se réinstalla non sans avoir offret l'un de deux verres à Aaron.
Sans toucher au sien, elle détacha son regard des reflets dorés du Vouvray et regarda enfin franchement Aaron, d'un regard gris vert dénué de sa tranquille et coutumière assurance. Ses mains se croisèrent sur son giron et elle emplit discrètement ses poumons pour un soupir salvateur.


Eminence, j'ai de nombreuses fautes dont je désire me repentir.
Oh, nulle mort d'homme, ni malversations ou malhonnêtetés politiques.
Je n'exclut pas la médisance et la mauvaise foi dans mes affaires personnelles. L'on me donne souvent une réputation de coeur volage qui n'est pas tout à fait usurpée, je le crains. Et c'est là que ma conscience me pèse lourdement.

J'ai accumulé les errements et cédé trop souvent à la tentation sans faire la démarche de demander pardon au Seigneur car je savais que je n'étais pas habitée par le volonté sincère de changer. Et cela me paraissait malhonnête que de venir demander pardon pour recommencer les mêmes erreurs. Ainsi, même si j'ai souvent et depuis très longtemps pensé à me confesser, je ne l'ai jamais fait à cause de cela. Et aussi par lacheté et honte. Il n'est pas facile pour moi d'entreprendre la démarche de ce jour. Non que je n'ai pas confiance mais parce que dire les faits est un exercice douloureux.
Mais en ce jour, je veux vraiment tourner une page et redevenir celle que j'étais avant, pour retrouver l'estime de moi, mais surtout pour construire mon avenir sur des bases saines et solides, honorables.

Voilà, elle était lancée... ou presque. Le premier pas franchit, elle espérait que les autres aillent sans trop de confusion ou de gêne. Mais elle savait que malgré tout, à la fin, elle serait soulagée. Elle sourit doucement à Aaron, avec une note d'espoir.

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Re: A l'aube du printemps 1456, une confession, une duchesse, un

Message par Aaron le Ven 4 Avr 2008 - 18:22

[Pas de problème... Et désolé pour l'orthographe...]



    La duchesse, déjà crispée, semblait de plus en plus tendue, soucieuse. Avait-elle tant de malheurs à confesser, ou était-ce cette attitude qu’ont toujours les jeunes enfants, gênés et tremblotant, que l’on envoie à confesse auprès de leur curé raconter leurs péchés ? Voilà bien une action réconciliatrice et spirituelle sensée rapporter la paix, prise comme le plus horrible des devoirs par la plus part des fidèles. Le cardinal, peut-être un peu amusé par tant de confusion, décida d’embarrasser gentiment la duchesse pour détendre l’atmosphère. Il pris le verre qui lui était proposé, but une gorgée et dit après que la duchesse se soit lancée…

    Quel délicieux vin ! Tenteriez-vous de nous adoucir, moi et mon oreille, afin que vos maux trouvent une pénitence plus douce ?


    L’archevêque sourit, puis repris rapidement pour ne pas que son humour fit plus de mal que de bien.

    Ma chère enfant – dit-il en se rapprochant de la duchesse, et sur un ton amical et réconfortant – Ne vous accablé pas trop. Beaucoup de gens, beaucoup trop, n’ont pas le courage de faire ce que vous faite. Vous semblez bien tourmentée, aussi bien par vos souffrances que par la peur de les avouer à un prêtre… Or, n’est-ce pas là le plus beau cadeau que le Très-Haut puisse vous faire ? Il vous permet de vous réconcilier avec lui.

    Le cardinal ne cessait de sourire.

    Certes, il est des péchés graves, des actions condamnables et des pensées douteuses, mais le temps des remords et suspendu. Vous êtes ici pour ouvrir votre cœur à Dieu, vous êtes là pour reconquérir sont amour infini. Soyez donc encore plus courageuse en affichant sur votre visage, cette joie de réconciliation, au lieu de cette triste peine. Vous aurez le temps, après, d’y repenser, dans l’assurance que le Très-Haut vous ait pardonné, et de vous promettre de ne plus fauter là où auparavant vous aviez trébuché.

    Il se réinstalla au fond de son siège, buvant une dernière gorgée avant que d’écouter la vicomtesse. Mais il repris une dernière fois.

    Votre cheminement est honorable. Demander pardon au Créateur sans espérer la joie que cette réconciliation nous donnera, c’est pécher encore plus, c’est se détourner de Dieu en le trompant. Je ne vous féliciterais pas non plus de ne pas l’avoir fait plutôt, mais je vous dirais que votre démarche, aujourd’hui est juste et sincère, et c’est ce qui compte.

    Le prélat avait remarquer un fin sourire sur le visage de la louve lorsqu’elle eut terminé. Il dit enfin en souriant à son tour…

    Ainsi, votre avenir s’annonce plus apaisé. N’ayez point de crainte que je vous juge. Ce n’est pas à moi de le faire, mais au Père…


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Re: A l'aube du printemps 1456, une confession, une duchesse, un

Message par Morgwen le Dim 6 Avr 2008 - 20:49

Le vin porté aux lèvres, la Louve écouta le Cardinal en regagnant un peu de sérénité. Elle ne put s'empêcher de sourire à son aimable taquinerie et le compliment sur le vin de ses caves.
Les traits adoucis, son maintien s'était fait moins raide, les mains moins crispées sur son giron ou sur pied du verre.
Les mots d'Aaron avaient sonné juste et trouvé écho chez la Duchesse.


Comme vous le savez, je fus mariée au Comte Rassaln d'Arduilet et ce pendant de longues années... C'est durant mon mariage que ma vie a pris un tournant qu'elle n'aurait pas du et qui m'amène ce jour devant vous.
J'espérais beaucoup de cette union. Mes deux unions précédentes s'étaient soldées par des veuvages précoces. Refonder un foyer et s'unir à un homme après ces épreuves, lui faire confiance après les déceptions passées, ne fut guère facile mais c'est confiante et pleinement croyante en nos serments de mariage que je me suis présentée devant l'autel à ses cotés.
Toutefois, très vite, il fut accaparé par ses charges, puis de plus en plus absent. J'ai bien tenté de le soutenir, d'être compréhensive et patiente. J'avais, à sa demande, mis fin à la plupart de mes responsabilités ducales pour m'investir en notre couple. Et je me suis retrouvée seule, à l'attendre, à me heurter au silence. Nous avons certes eu deux enfants, mais mon époux avait changé, se coupait du monde, disparaissait pendant des mois sans donner de nouvelles. Et chaque fois je me suis heurtée à des silences ou des promesses jamais tenues.
J'ai passé presque 10 ans à l'attendre. Et à coté de cela, j'étais courtisée avec constance mais sans succès pour ceux qui espéraient réchauffer une couche froide depuis longtemps. Et j'ai fini par chercher un peu de soutien et de réconfort. D'abord en pensée et intentions... mon ami, le Baron Naelin de Castel Faille me fit la plus belle déclaration d'amour qui me fut donnée d'entendre. Je l'ai éconduit avec de nombreux doutes. D’autant que Kreuz me poussait dans les bras de notre ami commun. En fait, nous étions tous les trois très liés depuis un temps immémorable. Quand nous nous sommes rencontrés, Kreuz était templier mais pas encore Grand Maitre du Temple, je n’étais pas encore Duchesse de Touraine mais amazone, et Nae faisait partie de l’Ordo Teutonicorum. Comme une autre vie... Nous nous étions rencontrés lors d’une réunion interordre et les liens tissés ne se sont jamais défait jusqu’à cette période que j’ai envie de qualifier de tragique.
J’ai éconduit Naelin, mais pas pour préserver mon mariage car je n’avais plus d’espoir de revoir mon époux me revenir. Il… il était devenu fou, il était dérangé depuis sa plus longue absence. Il buvait et restait enfermé durant des semaines sans daigner accepter ma venue.
J’ai éconduit Nae parce que j’étais éprise sans espoir de notre meilleur ami … Kreuz.

Elle soulagea sa gorge sèche d’un peu de vin léger, à nouveau nerveuse et surtout cherchant à retracer le fil des événements. Le silence ne dura qu’un très court instant, puis elle enchaîna, cherchant à ne pas minimiser ses fautes mais à les replacer malgré tout dans leur contexte, pour oser continuer.

Il n’y avait encore rien de réellement ambigu entre Kreuz et moi. Il faut savoir que lorsqu’il fut ramené au Temple, quand il perdit son bras, j’ai passé des journées et nuits entières à son chevet, sa main sauve dans la mienne, à prier et le veiller, à le soigner aussi avec l’aide de ses frères et sœurs templiers. Depuis ce temps, nos vies sont liées de manière inexprimable…
Il fallut longtemps pour que les choses entre nous changent et ne se parent d’une attirance forte.
La dernière fois que je me suis présentée aux ducales de Touraine, j’ai été victime d’une tentative d’assassinat. L’on égorgea des gens de mon service, l’on menaça mes enfants, dans le but que je me retire. C’était l’homme de main de Cuculus mais le prévôt a enterré l’affaire et celle qui fut duchesse « oublia » l’affaire. Il est toujours plus facile de laisser agir les Lucioles que de les combattre en Touraine malheureusement…
Toujours est-il que des amis sont venus assurer ma protection. Mon hostel de Tours fut attaqué, un assassin y pénétra et au final il n’en resta que cendres mais grâce surtout à Kreuz qui était revenu en apprenant mes déboires, j’en suis sortie vivante.
C’est cette épreuve affrontée ensemble qui a fait basculer les choses. Il est resté quelques jours le temps de s’assurer que la situation ne craignait plus de nouveaux rebondissements… et nous avons passé une nuit ensemble.
Oh, nous n’avons pas… enfin… Nous avons échangé baisers et tendresses mais il est un pas que nous n’avons pas franchi. Il est parti à l’aube et je ne devais plus le voir avant plusieurs mois, jusqu’à l’été. Nous étions au printemps…
Plutôt que d’apaiser notre trouble, cette séparation a enflammé nos sentiments et attirances. Et cela, avec peu de remords de ma part du fait que mon époux ne s’était même guère inquiété de la tentative de mise à mort que j’avais du affronter…
Par contre, il est revenu ayant eu vent par les servantes que j’avais passé une nuit avec Kreuz. Il n’a pas voulu me croire lorsque je lui ai expliqué la réalité, imaginant pire, et nous nous sommes séparés. J’ai appris plus tard qu’il avait également été parler avec Kreuz avant de venir me mettre devant sa décision. Il ne voulait pas le divorce, a pris les enfants alors qu’il ne s’en inquiétait plus depuis leur naissance et m’a laissé rejoindre Menthon Saint Bernard…

La Louve ferma les paupières un moment, tous les souvenirs douloureux lui revenaient et il fallait mettre cela en ordre pour s’exprimer clairement et sans fard. Elle n’avait dans un sens que planté le décor...
Les deux yeux gris se posèrent à nouveau sur Aaron, indéchiffrables.

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Re: A l'aube du printemps 1456, une confession, une duchesse, un

Message par Aaron le Mar 8 Avr 2008 - 16:55



    Le cardinal écouta la vicomtesse d’Amboise avec attention. Il fut très attentif et méditatif, cherchant lui-même des réponses aux questions qu’il se posait sur le discours de la duchesse. Il était important d’apporter des réponses justes aux questions du paire de France afin de soulager au mieux ses craintes. Mais l’archevêque fut troublé par la suite de la confession. Un de ses plus proches collègues lui avait caché cela ? Chaque homme de Dieu avait ses secrets, le vicomte d’Ivry aussi… Posément il répondit à la duchesse.


    Ne pensez vous point que votre amour secret envers le cardinal Kreuz, qui semble-t-il précédait même son projet de vous voir dans les bras de votre ami commun, n’a pas joué, involontairement sans doute, en faveur des reproches que vous faite aujourd’hui et hier à feu votre époux, fussent-ils en partie légitime ?

    Plus simplement votre attitude et vos amours secrets n’ont-ils point joués dans la chute, si je puis dire, de votre couple ?


    Puis le cardinal reprit après une pose certaine.

    Et vos sentiments pour son Eminence Kreuz ont-ils perdurés ? La haute société se posait des questions, si l’on peut dire ainsi, sur la relation que vous entreteniez avec l’ancien grand maître de France. Je ne voudrai point m’avancer, et peut-être allez-vous m’éclairer, mais un mariage était pressenti. Vos sentiments à cette époque pour le cardinal Kreuz étaient-ils toujours aussi vifs ? Votre cœur était-il partagé ?

    Enfin, les enfants que vous aviez eut avec feu le Grand Ecuyer ne vous ont-ils point aidé à croire en votre couple ?


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Re: A l'aube du printemps 1456, une confession, une duchesse, un

Message par Morgwen le Mar 8 Avr 2008 - 18:51

Le silence s'invita dans la pièce, mais point lourd. Plutôt chargé de réflexions, dans son esprit, la Duchesse tentait d'épurer les faits pour en trouver l'essence afin de répondre à Aaron avec le plus de justesse possible, honnêtement.

Hem... et bien, je puis déjà vous répondre en ce qui concerne mon union avec mon défunt mari. J'ai cru envers et contre tout en ce mariage, même quand tous mes amis et proches tentaient de me convaincre de ne plus l'attendre, de ne plus croire à ses promesses de retour.
Je suis sûre qu'il souffrait pour se conduire ainsi et qu'il s'en est voulu de la vie qu'il m'a fait mener. Attendre son époux parce qu'il est en mission est une chose, se désespérer devant une porte close et un mur de silence injustifié en est une autre.
Je pense plutôt que ses soupçons et la rupture qui en a découlé n'était en réalité que l'énoncé d'une situation douloureuse qui ne pouvait plus évoluer dans le sens d'un retour au foyer et qui durait depuis des années. Notre couple était brisé depuis longtemps. Rassaln n'avait aucune volonté ou aucune capacité à se réinvestir dedans. Je ne cherche pas à me dédouaner ou à rejeter l'entière faute sur lui car lui non plus n'était pas heureux de la situation. Mais c'est un constat que nous avons fait honnêtement ensemble lorsque nous nous sommes séparés. Par contre, pour sauver les apparences, nous n'avons pas ébruité notre rupture.
Quant aux enfants, ils n'ont pour ainsi dire jamais vu leur père, hormis quelques semaines avant sa mort. Il ne revenait jamais plus de quelques jours par an à mes cotés et ne portait que peu d'attention à eux ou même à moi hormis les premières heures.
Donc sans Kreuz, le résultat aurait été le même.
A la différence que je pense que j'aurais assumé ce situation et demandé une séparation officielle. Mais comme je l'ai dit, Rassaln n'en voulait pas. Et... Kreuz non plus. Il craignait que je demande le divorce. Il voulait pouvoir m'épouser le jour où je serais veuve...

Pour répondre à vos autres interrogations, il faut que j'explique ce qui s'est passé ensuite, après la rupture… Ce qui concerne Juliano, viendra ensuite...

Le pire est à venir, aurait elle lancé si elle n’était pas dans l’état d’esprit de ces derniers mois. D’un geste qu’elle voulut exempt de nervosité, la Duchesse prit son verre et but une gorgée.

Comme je disais, j’ai pris la route tant pour fuir l’atmosphère nauséabonde de Touraine où les Lucioles faisaient la loi que pour visiter des amis à l’Est et rejoindre Menthon Saint Bernard.
Je ne sais pas si vous vous souvenez, mais c’est durant ce voyage là que le Duc Darkofdragon avait mis ma tête à prix. 3000 écus et des broutilles… et une alliance pour moi. *Léger sourire mais elle ne s’éternisa pas sur le sujet.*
Entre temps, j’ai fait un détour pour aller jouter au Tournoi organisé par l’Ordre du Saint Esprit… et, hem… Kreuz a choisi d’aller également y faire une apparition. Je l’ignorais et il est venu me saluer en mon campement. Et là, nous fûmes amants… Sur la promesse de se retrouver en Savoie et milles projets pour le futur, nous nous sommes séparés quelques heures plus tard.

Etait-ce l’afflux de souvenirs imagés ou la honte ou encore d’autres sentiments qui lui colorèrent vivement les joues ? Sûrement le tout emmêlé.
Elle s’était fourvoyé. Elle se revoyait torturée par sa conscience et si confiante en Kreuz en même temps. Les mots apaisants, les promesses qu’il lui avait fait, celle qu’il lui avait fait formulé « lui donner un héritier et une famille ». Et son regard alors qu’il découvrait pour la première fois… Gwen ferma les yeux, fronçant les sourcils et secouant légèrement la tête pour chasser cette vague de souvenirs doux amers et se concentrer, chasser le regard bleu asymétrique à cause de l’œil opacifié. Un soupir pour retrouver la parole et elle releva le nez pour reprendre, moins douce, plus ferme.


J’ai repris la route. Et j’ai fini par arriver bien escortée par des amis jusqu’en Savoie. Arrivée à Menthon, il n’était pas là et j’ai attendu. Je ne sais pas combien de temps je suis restée là bas, patiente, avec peu de nouvelles de lui car il était occupé dans son archevêché.
Il a fini par me rejoindre au début de juillet. Mais il est arrivé quelques heures après une lettre. Une lettre de mon fils aîné - né de mon union avec le Duc Fnor – m’annonçant le décès de Rassaln. Kreuz m’a trouvé en la chapelle du castel, pleurant. Ce qui n’était pas la première fois, car il avait déjà tenté de me consoler lorsque j’ai perdu à la naissance l’un de mes fils, le frère jumeau de Rehaël. Mais cette fois… il n’a pas trouvé les mots, il m’a blessée. Je… je l’ai gifflé et je suis partie. Nos retrouvailles ont duré quelques instants…
Rassaln avait de plus pris des dispositions dans son testament pour se venger post mortem. Des choses que seuls Kreuz et moi pouvions comprendre. Il voulait que Kreuz fasse la cérémonie des funérailles. Imaginez la situation… J’ai donc refusé et contacté Elmoron qui a officié. Il était cité en second lieu. Il me léguait également le cadeau de mariage que Kreuz lui avait offert, 10 ans auparavant…

Suite à l’annonce de la mort de Rassaln, Kreuz a disparu. Il ne m’a donné aucune nouvelle, ne répondait pas à mes lettres quand bien même je lui signifiais que je comprenais que au pied du mur, il décide d’abandonner nos projets et de rester dans le giron de l’Eglise, que je m’effacerais… car avant cela, il m’assurait qu’au décès de mon mari, il quitterait tout et m’épouserait. Je sais que ce n’était pas ce qui devait être fait. Que c’était trahir son engagement, mais j’y ai cru. Et je lui en ai voulu. Je me suis sentie abandonnée, fautive, furieuse. J’avais honte et pourtant j’espérais qu’il me réponde, même succintement, plutôt que le silence qui a duré longtemps.

Désabusée, j’ai perdu mon estime de moi, ma confiance en l’avenir et je me suis lancée dans les excès… C’était un peu grisant de se brûler les ailes, de plaire. J’ai cédé aux avances de Juliano, à cette époque et me suis fortement rapprochée de mon ami et ancien poursuivant, Milamber. Juliano et moi venions de nous réconcilier après des années de mépris et de haine datant du jeune âge de nos duchés. Notre couple fit scandale en nos duchés. Une union n’aurait pas été une mésalliance, loin de là.
Et c’est le lendemain que Kreuz est sorti de son mutisme et m’est revenu… Il voulait l’Eglise et moi. Il ne voulait pas choisir, du moins pas de suite, pour pouvoir mener ses projets à bien tout en m’ayant dans l’ombre à ses cotés.
J’ai refusé de quitter Juliano qui était épris de moi, paisiblement. Et je fus habitée par la colère et la rancune. C’est devenu une passion destructrice moralement pour tous les deux. Nous nous sommes blessés l’un l’autre, sciemment, pour se venger lui que je ne l’aie pas attendu plus longtemps, et moi parce qu’il m’a laissé seule au moment où j’avais le plus besoin de lui.
Nous fûmes à nouveau aussi amant une fois, mais sans vraie tendresse, comme désespérés. Et même à ce jour, ces souffrances ne me quittent jamais. Elles reviennent dès que j'effleure le sujet.

Il y a quelques jours, il est revenu après une longue absence. Pour la centième fois nous avons fait le compte des meurtrissures que nous nous sommes infligés. Ma culpabilité est grande car j’ai le sentiment de l’avoir fait chuté. Que sans moi, il ne se serait pas échoué en cette passion, il ne se serait pas dévoyé. Je lui ai demandé pardon pour tout ce que je lui ai fait et je lui ai proposé que nous tentions de reconstruire une relation plus apaisée et saine pour tous les deux.
Il s’est agenouillé et a fait ce que j’avais attendu depuis si longtemps. Il m’a demandé ma main, avec des mots qui m’ont donné l’impression de mourir. Je l’avais tant attendu et j’ai refusé…
Je l'ai frappé et ca l'a fait rire, je l'ai presque insulté. Je lui en veux énormément. Je venait de lui dire que je voulais tourner une page. Si j'avais dit oui, mon aspiration à reconstruire une vie plus stable où je n'aurais plus honte de moi et de mes actes aurait été bel et bien enterrée. Et en même temps, j'ai hésité, je n'ai pas su dire non à la seconde car je ne peux m'empêcher de me dire que j'aurais ainsi pu essayer de l'apaiser. Mais c'est illusoire. J'en suis sûre.
Je m'en veux d'essayer de m'en sortir sans parvenir à réparer mes dégâts auprès de lui, à lui donner ma confiance en un avenir plus paisible et plus honnête. Je ne sais pas ce que je dois faire.

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Re: A l'aube du printemps 1456, une confession, une duchesse, un

Message par Aaron le Ven 11 Avr 2008 - 0:01



    Le cardinal écoutait attentivement la duchesse. Il ne savait trop quelle attitude adopter face au désarroi et à la peine qu’elle exprimait. Devait-il lui prendre les mains pour la réconforter ? Il était toujours plus difficile d’entendre la confession d’une duchesse que d’une simple villageoise. Tout devait être mesuré, calculé, pour que rien ne soit incivil ou discourtois.

    Qu’elle vie pensa l’archevêque ! Cette existence démontrait bien que la noblesse ne faisait pas le bonheur, et que tous, devant Dieu étaient égaux.

    Le cardinal devint cependant plus perplexe lorsque le nom de Kreuz fut à nouveau évoqué. Puis, de plus en plus en écoutant la duchesse. Ce sentiment se transforma en un autre : la peine. Le prélat était peiné d’apprendre que son collègue avait plusieurs fois fauté, et quel péché ! Mais cette peine se transforma en colère. Le vicomte était frustré, en colère envers son collègue. Il se sentait trahi. La pourpre était bafouée, salie.

    Le cardinal bouillonnait. Il se leva d’un bon du fauteuil, fit trois pas dans un sens, puis trois dans l’autre. Il s’appuya enfin sur le dossier de la chaise, la tête penchée. Il poussa quelques soupire…


    Pfffffffff… Fffff… Fffffff

    Il repris une grosse bouffée d’air, regarda la voûte puis le saint sous lequel il recevait la confession. Il revint enfin s’asseoir en face de la duchesse et bu d’un seule rasade le reste de sa coupe. Il dit ensuite :

    Veuillez m’excuser pour cet emportement si je puis dire. Ce que vous me révélez me touche, et me peine par la même occasion.

    Quelle vie vous avez mené ! Je vous plain, et vous admire à la fois. Je vous parlais de votre courage au début, et bien je crois qu’il est bien en vous. L’on peu dire que Dieu vous a donner la chance d’être l’élite, de faire partie de ces gens qui dirigent et conduisent les peuples vers leur destin et leur gloire. Mais, il ne vous a pas tout donné, hélas ! Et votre cœur en a semble-t-il bien souffert

    A croire que Dieu décida de parler par votre bouche et celle de Kreuz pour que ce dernier reste à Son service. Cette relation tumultueuse aurait précipiter le cardinal dans le péché, et l’aurait obliger à se faire défroquer. S’eut été terrible, peut-être même humiliant. Du moins, je l’aurais ressenti ainsi. Je ne pourrai me réjouir de la réponse que vous lui avez donné car elle vous fait maintenant de la peine, mais je pense sincèrement que c’est mieux ainsi.


    Le cardinal avait recouvré son calme et un sourire compatissant s’affichait sur son visage.


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Re: A l'aube du printemps 1456, une confession, une duchesse, un

Message par Morgwen le Mar 15 Avr 2008 - 16:38

Toutes couleurs avaient désertés le visage de la Louve, qui n’avait rien de carnassier depuis le début de l’entretien d’ailleurs. Elle avait craint de dévoiler ce qu’elle avait vécu et ce qu’elle avait aussi fait. Ne jamais prêter le flanc aux critiques, ne jamais laisser de failles exploitables...
Quand le Cardinal bondit de son siège, elle se raidit en venant à regretter presque d’avoir formulé tout cela. Puis baste ! Elle ne pouvait effacer ce qui avait été fait, il fallait bien assumer. Avait-elle mal choisi son confesseur ? Il semblait tout à coup lutter pour se reprendre. Elle, glissait doucement vers une position défensive, se retrancher derrière son habituel rempart si nécessaire. Comment un Cardinal pourrait il réagir en apprenant les fautes d’un autre vêtu de pourpre cardinalice par le biais de celle qui l’a fait sortir du droit chemin ? Etait-elle le mal pour avoir dévoyé un homme de Dieu ? Et pourtant… Pendant un temps, ils avaient été si heureux… Mais des mois de remords et de souffrances pour quelques heures de rêve. Depuis le début, ils se faisaient payer le prix fort.
Aaron soupirait, Gwen réfléchissait à ce qu’il pourrait lui asséner comme condamnation… Avec effort, la Duchesse cherchait à réprimer toutes réactions inappropriées en fonction de ce qu’il allait certainement lui rétorquer.
Le verre fut vidé et là, Morgwen s’attendit au pire, regardant avec intensité le Cardinal. Intensité cédant la place à une profonde surprise, puis à une expression embarrassée, teintée d’émotion, de remords et de reconnaissance.


Je… ne vous excusez point. Je suis désolée que cela vous ait chamboulé. Mais… il fallait bien que j’ose en parler. Cela me tourmente depuis longtemps. Je savais que ce ne serait pas facile à dire… mais aussi à entendre. Et je craignais d’avoir l’air de dénoncer son Eminence Kreuz, ce qui n’est vraiment pas le but de ma démarche. Loin de là… J’aimerais juste qu’il puisse retrouver la paix.

Lentement, elle prit son verre, puis, pensive, le redéposa. Elle se leva pour resservir le Cardinal et se réinstalla en cherchant ses mots, lissant inconsciemment un pli imaginaire de sa robe.

Vous parlez de courage, d’élite… L’élite, mes efforts et mon ambition m’y ont conduit, certes. Mais de courage, je n’en vois point dans ce que j’ai fait ou vécu. J’ai été bien faible et naïve surtout, au début. Et ensuite, c’était l’impression de ne plus rien avoir à perdre qui m’habitait, comme si j’étais condamnée sans retour et que plus rien n’avait vraiment d’importance. Ce qui était faux et je m’en repend. Je regrette tout ce qui s’est passé mais il n’est pas possible de faire marche arrière.

Ce jour, mes péchés sont essentiellement du domaine du cœur… ou du corps. J’ai parfois été jalouse ou en colère. Mais dans mes charges passées et présentes, j’ai toujours tenté de faire au mieux et au plus honnête. Je n’ai rien qui me pèse sur la conscience en ces domaines. Parce que j’ai toujours eu des responsabilités envers une foule de gens et ils n’avaient guère le choix souvent que de me faire confiance et d’espérer la justesse de mes décisions ou jugements. L’on me dit sage et réfléchie et pourtant, dans ma vie privée, j’ai souvent l’impression de voguer dans la brume ou de me perdre.

Le ton émotif s’était estompé. Ses paroles glissaient maintenant avec sérieux, non pas dénués de sentiments, mais allégés des passions d’où les faits prenaient racine. Il convenait de ne plus se laisser aller par une déstabilisation ou la crainte. Quoiqu’il arrive, elle ne souffrirait pas plus que ces dernières années. Ce n’était pas possible. Et elle serait soulagée en fin de compte. Se redonnant courage à ces pensées, elle respira longuement et reprit le fil de sa confession.

Après tout ce qui s’est passé avec le Vicomte de Menthon Saint Bernard, les deuils et d’autres difficultés, je me suis laissé chuter sans plus trop tenter de me préserver. Je n’avais plus guère d’estime pour moi-même.
Vous me parliez tout à l’heure du fait qu’un mariage avec Juliano était pressenti… En fait, il ne m’a jamais demandé ma main. Je sais que cela coulait de source pour lui. Nous avons même abordé la question lorsque j’étais occupée à lui créer ses nouvelles armes et à dessiner celle de Fontainebleau.
Notre relation a commencé sur base de taquineries.
Du temps où nous étions ennemis, à la fin de mon règne en Touraine, j’ai demandé les terres de Chenonceau. Apprenant qu’il les avait déjà reçue en vicomté par le passé, il fut décidé de définir clairement les frontières entre le Berry et la Touraine. Et j’ai pris Amboise comme fief de retraite, à défaut. Quand lui a décidé de se retirer également, il a demandé … Amboise.
Du coup… la perspective de s’unir, des années après, nous a paru plaisante…
Mais rapidement, il fut absent longuement. Kreuz revenait à la charge. Divers courtisans qui me pressaient de répondre à leur cour. J’ai cédé à un, un soir. Et je me suis complue dans une relation de plus en plus proche avec celui qui était mon confident et mon meilleur soutien depuis des années. Cette relation a duré et s’est amplifiée jusqu’à ce qu’il décède en décembre, quelques jours après les festivités d’Amboise.
J’ai trompé Juliano, m’en éloignant petit à petit, sans le quitter car mon amant était également marié.
Bien des manies et attitudes de Juliano m’insupportaient. Il y avait régulièrement des tensions entre nous et cela allait en s’amplifiant. J’étais vexée également qu’il ne m’ait pas demandé ma main. Surtout quand je suis tombée enceinte. Tout le monde nous voyait mariés. Il y avait une grande pression à ce sujet.
Finalement, je m’en suis tout à fait détachée. Après les festivités d’Amboise et le deuil qui a suivi, j’aurais voulu mourir. J’étais abattue comme jamais auparavant.
Mil… Ma vie a vraiment changé à sa mort, j’ai éconduit fermement tous les courtisans sauf un dont les lettres m’étaient un réconfort et ma conscience a réussi à se faire entendre de nouveau. Je ne sais pas à quel point Juliano s’en est aperçu. J’ai laissé tellement d’indices en espérant et craignant à la fois qu’il comprenne. Il ne m’a été d’aucun secours, accumulant les gestes et paroles que je jugeais à l’époque insupportables, déplacées.
Le jour où Esyllt est venue au monde, je lui ai interdit mes appartements. Je n’aurais pas supporté de le voir. C’est mon vassal et fidèle ami, Hans, qui m’a soutenue. Il est d’ailleurs le parrain de ma fille.

Juste après sa venue au monde, j’ai fait savoir à Juliano que je mettais fin à notre longue relation. Personne ne l’a su car nous n’en avons fait aucune publicité. Nous avons fait baptiser Esyllt et même là, nul n’a rien su. Il y a encore quelques temps, des gens, me voyant avec le Baron de Sombernon en Orléans, étaient scandalisés en pensant que je trompais le prince de Fontainebleau publiquement.... J’avoue que cela m’a fait rire… Notre rupture datant de janvier.
De toute manière, un fossé énorme existait entre nous, trop de choses que je lui ai caché et que je ne veux pas lui révéler. Ce n’est pas le terreau approprié pour un mariage.
L’on m’a accusé aussi de ne pas penser à ma fille, de la maintenir ainsi dans un statut de batarde, que j’étais égoïste. Mais … même mariée avec Juliano, il y a de fortes chances pour qu’Esyllt reste une batarde… je n’ai pas d’autres preuves que mon sentiment et ce que je peux voir quand j’admire ma fille. Elle n’a que les traits des la Louveterie. Hormis les yeux. Juliano trouve qu’elle a son regard, mais je pense plutôt qu’elle a les yeux de Milamber de Lasteyrie.
Avec ce doute, cette certitude impalpable pour moi, je ne puis épouser Juliano en sachant qu’il existe une chance que cette enfant ne soit pas de lui.
En même temps, j’ai du mal à croire qu’aucun doute ne l’ait effleuré. Il est … vieux. Il était très étonné quand je suis tombée enceinte. Mais sa joie n’a fait que croître. Et il choye Esyllt Caterina comme s’il s’agissait d’un trésor inestimable. Ce qu’elle est aussi à mes yeux.
Milamber est mort et a laissé une héritière légitime. Juliano aime Esyllt de tout son cœur.

Un regard clair, interrogatif et teinté de tristesse, se posa sur le Cardinal, mais les mains de la Duchesse ne tremblait pas. Son maintien ne souffrait d’aucune faiblesse. Exposer ses tourments et remords, bien que la laissant vulnérable, l’allégeait grandement. Et au fil de l’entretien, elle s’était laissée aller à avoir confiance en Aaron. C’était au Seigneur qu’elle demandait pardon en prière depuis des mois et encore plus à ce jour en contant ses malheurs et ceux qu’elle a infligé aux autres, mais jusqu’à présent, elle n’avait guère pu faire abstraction du fait qu’en face d’elle, pour intercéder auprès du Très Haut, c’était un homme qui lui faisait face. Avec sa propre sensibilité et ses propres pensées. Homme de Dieu, certes, mais homme quand même. Exercice déstabilisant autrement plus difficile que seule agenouillée dans une chapelle désertée par ses semblables.

Je sais que je lui mens, mais si je dévoilais mes doutes et pensées… la veuve de Mil verrait la honte s’abattre sur son mariage, déjà bien écorné lors de la lecture publique du testament où Milamber m’y lègue son cœur. Elle et sa fille Alienor, dont je suis la marraine, n’ont pas besoin d’un affront supplémentaire. Ni Juliano qui est très attaché à l’enfant. Certes ma conscience serait allégée, mais combien souffrirait de cela alors que la situation actuelle préserve chacun dans son innocence et ses certitudes ?


Dernière édition par Morgwen le Mar 29 Juil 2008 - 22:46, édité 1 fois
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Re: A l'aube du printemps 1456, une confession, une duchesse, un

Message par Aaron le Dim 20 Avr 2008 - 19:42



    Le cardinal qui s’était à nouveau assit sur le siège, était un peu gêné de son attitude. Elle n’avait été que spontanée, mais elle était sans doute déplacée. Dans son malheur, la duchesse ne s’était point formalisée. Il dit :

    Ce n’était en effet pas facile à entendre. Kreuz est aussi un ami, et apprendre cela, sans s’y attendre, ça m’a fait une vive émotion. Mais croyez bien que je ne pense pas que vous l’avez dénoncé. Il a fait partie de votre vie, et il fut lié à vos tourments.

    Le prélat écouta la duchesse à nouveau.

    Vous avez peut-être été faible et naïve, sans doute, mais pour une partie seulement de votre vie, et quelle partie puisqu’il s’agit de la plus difficile à contrôler : le cœur. L’on peut dire, je pense, que vous n’avez en effet point été un exemple dans ce domaine, mais à côté de cela, vous avez fait de grandes choses, vous avez été présente pour ceux que vous avez dirigés et conduit. C’est cela aussi vivre vertueusement…

    Vous le dites vous-même, vos péchés sont ceux du cœur, mais je pense très sincèrement que se sont ceux que le Très-Haut pardonne le pus facilement. Le cœur et la raison ne font pas toujours route commune.

    Mais la reconnaissance des fautes que l’on à commises est un grand pas vers la réconciliation avec Dieu.


    La duchesse continua sa confession et en vient au prince de Fontainebleau… Il écouta…

    Un tourment de plus, et une relation à nouveau avorté. Je crois que cette confession vous aura permis de faire enfin le vide autour de votre cœur et de remettre en question vos sentiments et votre vie affective. Peut-être auriez-vous du le faire plus tôt. Vous auriez recommencé une vie seine qui aurait pu être différente. Mais que voulez-vous, le passé n’est plus.

    Vous étiez perdue, vous vous cherchiez vous-même, ce qui vous a conduit dans des égarements moralement condamnables.


    Le chose devint plus délicate quant le cardinal voulu aborder le sujet de la petite Esyllt…

    Mais je ne peux que me poser des questions quant au nouveau mensonge dans lequel vous vous enfermé aujourd’hui. Je comprends vos craintes, et je les partage. Révéler la vérité produit aussi le malheur et la peine. Mais doit-on sacrifier la vérité au profit du péché ?

    Un jour, peut-être, lorsque le temps sera venu, la petit Esyllt devenu grande, devra entendre la vérité…


    Le regard de la duchesse peinait le cardinal qui voyant dans quel état de questionnement la vicomtesse se trouvait.


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Re: A l'aube du printemps 1456, une confession, une duchesse, un

Message par Morgwen le Dim 20 Avr 2008 - 21:22

Cette question, elle la ressassait sans cesse depuis qu'elle avait perçu dans les yeux d'Esyllt Caterina, plusieurs jours après sa naissance, le regard noisette de celui pour qui elle aurait tout quitté, si il l'avait demandé.

Devoir avouer cela aux personnes concernées me fait peur. Mais ce n'est pas que de la lacheté, je me dis que ce serait inutilement cruel que de leur infliger cet affront et cette blessure. Car ce sera indélébile. Si Milamber était en vie, j'ai l'impression que ce serait différent. Juliette pourrait régler ses comptes avec lui, alors que maintenant, elle devrait essuyer cette nouvelle sans pouvoir exprimer sa tristesse et sa colère à Mil et sûrement à moi également. Il ne pourrait pas non plus lui demander pardon ou s'expliquer avec elle.
Je n'arrive vraiment pas à me dire que le silence est pire que l'aveu dans ce cas. Pas dans ce contexte.

Par contre, je suis persuadée qu'il faudra un jour que je le dise à ma fille. Qu'elle sache qui l'a certainement engendrée. Pourquoi ses armoiries familiales comportent un faucon encapuchonné. Le faucon était l'emblème que j'avais trouvé pour Milamber et qu'il avait adopté.
Je devrais donc lui dire la vérité, je le sais. Lui laisser le choix de le révéler ou non, de m'en vouloir ou non. Et j'accepterais. d'un autre coté, ce sera aussi un lourd choix sur ses épaules. Et cela me semble également cruel.

Pensive, un pli barrant son front, elle se mordilla la lèvre avant de reprendre la parole.

La vie est parfois curieuse... Mon ainé, décédé lors d'une mission en Suisse avec l'Ordo Teutonicorum je le crains, est le fils de mon second époux. Né quelques jours avant le trépas de son père, c'est Rassaln qui l'a élevé puis adopté dans les premiers temps encore heureux de notre couple.
Ellesya, fille ainé de Rassaln, aura été élevée par Kreuz qui l'a toujours à ce jour dans son sillage. Rehaël, encore bébé à la mort de son père, a connu Juliano comme figure paternelle.
Seule Ellesya aura connu un peu son père mais je ne sais même pas si elle en garde un souvenir ou non.

Enfin, je ne sais pas si mon choix d'en parler à Esyllt - Yseult en françois - quand elle sera assez grande est le plus judicieux. Mais c'est celui qui s'impose à mon esprit pour le moment. Avez vous un conseil?

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Re: A l'aube du printemps 1456, une confession, une duchesse, un

Message par Aaron le Lun 21 Avr 2008 - 20:34


    Le cardinal prit son verre et bu une petite gorgée du délicieux vin que la duchesse lui avait servit. Au fond, c'était une confession agréable et décontractée (sic). Heureusement que les deux vicomtes n'avaient point rejoint le confessionnal, cela n'aurait pas été très pratique...

    Je vous le concède... On pourra dire que ce mensonge est juste car il préserve le bonheur, ou du moins ce qu'il en reste, de certain. pourvu qu'il ne soit pas éternel, comme vous le suggérez d'ailleurs, je pense que cela n'affectera pas l'amour que le Très-Haut vous porte.

    Il continua d'écouter la duchesse. Il ne pu s'empêcher de se mordre également sa lèvre en voyant la duchesse. Mais ce n'était pas par stress, il craignait simplement qu'elle n'aille jusqu'au sang...

    En effet, votre vie amoureuse, mais aussi vos enfants auront bien vécu de "drôles" de choses. J'espère que leur mère leur aura cependant donner tout l'amour qu'ils méritaient...

    Dit-il en souriant...

    J'espère cependant que la petite ne s'attachera pas de trop à son "père adoptif". La douleur n'en sera que plus grande lorsqu'elle apprendra la vérité.


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Re: A l'aube du printemps 1456, une confession, une duchesse, un

Message par Morgwen le Mar 22 Avr 2008 - 12:36

Rassérénée, le Pair de France se rendit compte qu'elle se sentait bien mieux déjà. Tout ne s'était pas déroulé sans difficulté pour elle, mais une paisible confiance avait fini de s'installer.
Par contre, elle ne savait comment continuer l'entretien, finir la confession. Elle opta pour réponse simplement au Cardinal. Le reste viendrait bien en son temps.


Je vous remercie pour vos mots et réflexions, Eminence. Cela accompagné par mes aveux m'offrent une paix que je n'imaginais plus pouvoir ressentir depuis des années.

Pour ce qui est de mes enfants, je suis fière de ce que sont devenus mes ainés. Je ne pense pas avoir failli dans leur éducation, leur amour et la présence à leurs cotés. Hormis la plus jeune, ils sont en âge de pouvoir m'exprimer leur ressenti et n'ont jamais formulé de critiques ou reproches sur les choix que j'ai fait, avec leurs pères ou tuteurs. Je les sais honnête, travailleur et respectueux malgré leur haute naissance à chacun. C'est là ma fierté.
La suffisance, l'hautaineté, les caractériels, mal courant même chez les plus jeunes héritiers, m'insupporte au plus haut point venant de toute personne n'ayant jamais rien créé ou apporté à la société. je pense que ce sera sur ce point que mes volontés éducatives risquent de se heurter à celle du Prince de Fontainebleau. Il apprécie ce trait fort chez ses enfants, alors que je préfère inculquer l'humilité aux miens.

Un léger soupir passa ses lèvres alors que le regard s'était fait plus froid un court instant au souvenir d'une discussion animée entre le vieux dragon orgueilleux et la louve matriarcale.

Quoiqu'il en soit, je vous suis gré d'avoir pris la peine de vous déplacer à mon invitation. Voilà une longue route pour aider une pécheresse à s'amender... Merci.

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Re: A l'aube du printemps 1456, une confession, une duchesse, un

Message par Aaron le Mer 23 Avr 2008 - 19:56

Le prélat afficha un large sourire quand celui de la duchesse s'éclaira de douceur. Elle retrouvait semble-t-il un peu de sérénité.

Je suis heureux de vous voir plus sereine.

Je crois que si vous êtes fier d'eux, c'est que vous avez accompli votre devoir de mère avec brio. Et l'on sait que ce n'est point toujours évident, surtout quand on regarde votre curriculum vitæ ! Continuez à en être fier. Avec l'amour, c'est ce qui forge un enfant.


L'archevêque sourit de plus belle en entendant parler la duchesse des manière du pince...

J'en connais une qui abhorre aussi ces manière et qui ne se gène pas de le faire remarquer au vicomte de Chenonceau. Kirah bien sûr...

Le vicomte rit doucement... Puis il repris en redevenant très sérieux.

Bien, je crois que nous allons pouvoir demander pardon au Très-Haut. Etes-vous prête?

Le cardinal s'approcha de la duchesse et se posant sur le bord de la chaise et l'invita à tendre les mains. Ils les joignit dans les siennes, comme lors qu'un adoubement ou d'une prière.

Répétez après moi...

Dieu Tout-Puissant, devant toi, je fais acte de contrition.
J'ai fauté, j'ai péché, je me suis écarté de ton chemin.
Dieu Tout-Puissant, accorde moi ton pardon.
J'ai partagé ma faute, je t'ai confesser mes erreurs.
C'est pourquoi, je supplie tous les Saints, les anges et les archanges,
de prier pour moi le Seigneur notre Dieu.
Dieu de pardon et de miséricorde, entend ma prière.
Aujourd'hui, je prends la ferme résolution,
avec le secours de l'Action Divine
de ne plus t'offenser et de faire pénitence.


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Re: A l'aube du printemps 1456, une confession, une duchesse, un

Message par Morgwen le Mer 23 Avr 2008 - 20:34

Le sourire partagé à certaines évocations céda vite la place à un retour au but initial de cette entrevue.
A la question, elle hocha du chef.
Les mains enserrées dans celles du vicomte, elle l'écouta avec attention tout en quittant son siège et mettant les deux genoux au sol sans se soucier de froisser sa robe. Enfin elle répéta d'une voix claire et fervente.


Dieu Tout-Puissant, devant toi, je fais acte de contrition.
J'ai fauté, j'ai péché, je me suis écarté de ton chemin.
Dieu Tout-Puissant, accorde moi ton pardon.
J'ai partagé ma faute, je t'ai confesser mes erreurs.
C'est pourquoi, je supplie tous les Saints, les anges et les archanges,
de prier pour moi le Seigneur notre Dieu.
Dieu de pardon et de miséricorde, entend ma prière.
Aujourd'hui, je prends la ferme résolution,
avec le secours de l'Action Divine
de ne plus t'offenser et de faire pénitence.

Attente.

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Re: A l'aube du printemps 1456, une confession, une duchesse, un

Message par Aaron le Ven 25 Avr 2008 - 21:53



    Le cardinal ferma les yeux et repris lorsque la duchesse eut fini de répéter la formules habituelle.

    Que le Très-Haut vous accorde son pardon, que votre cœur soit sincère et que votre esprit retrouve la sérénité, que le Tout-Puissant vous accorde sa miséricorde et que la concorde soit rétablie entre le Père et la fille.

    Amen


    Puis, le cardinal aida la duchesse à se relevé de terre. Il se réinstalla au fond de son fauteuil et invita la duchesse à en faire de même. Il était venu le temps de donner une pénitence, ce que le prélat n’avait pas pour habitude d’apprécier, même si cela s’avérait nécessaire. Il prit un moment de réflexion, leva les yeux vers le saint qui les dominait, puis il dit :

    Duchesse, il va falloir maintenant faire pénitence. Vous semblez pieuse, même si vous avez péché. Je pense que les offices ne vous sont pas étrangers. Aussi, vous prescrire une messe hebdomadaire ne saurait être une pénitence. Je vais donc vous proposer une purification de l’esprit qui passera par votre corps. Lors des trois prochains banquets auxquels vous aurez à participer, vous ne consommerez que du pain et de l’eau. Votre toilette sera simple et sombre, dépourvue de tout bijou, parure et autre ornement lors de ces banquets, mais également lors de toutes sorties officielles, et ce durant 4 mois.

    Le but ? Retourner à la simplicité du corps et de l’esprit. Au vu de votre fonction qui est toujours de premier plan, ce genre de pénitence sera comme une privation, un sacrifice pour le Très-Haut. Ne négligez pas votre apparence, mais laisser la beauté que le Créateur vous a donné être le seul de vos atours.

    Je vous en outre conseillerais un séminaire lorsque vous en aurez le temps, ceci afin de mieux comprendre la tradition et les écrits des prophètes. Votre étude vous sera bénéfique, mais en plus, elle le sera aussi pour vos enfants, et notamment pour la petite Esyllt, car leur éducation ne sera que plus teintée d’aristotélisme compris.

    Le prélat sourit. La pénitence n’était pas très contraignante, la duchesse n’étant point dépourvue de beauté naturelle. Quant au pain et à l’eau, sa santé ne s’en trouvera que meilleur. Les banquets et souper à répétitions chez les aristocrates ne laissaient guère au corps le temps de se remettre de ses festins pantagruéliques.

    Enfin, Vous porterez durant 30 jours un médaillon où sera gravé une phrase de repentance.


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