Quand les inséparables rencontrent Aristote...

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Message par Håkon le Jeu 5 Nov 2009 - 19:58

- Je ne vois pas suffisamment ma tante pour pouvoir te dire si cela me semble réciproque. Mais il est certain que s'il y a un homme dans son entourage qui me semble avoir la carrure pour cela, c'est bien ton Père.

Håkon écouta ensuite son amie et tendit la main pour recevoir le rosaire. Son cœur battait la chamade. Il ne savait pas quoi répondre. Il lui sourit puis l'attira à lui pour la serrer dans ses bras. Il allait passer de "l'autre côté" et ferait vœu de chasteté, de célibat. La pression n'avait jamais été aussi forte. Il rencontrait les difficultés de cet engagement. Il n'avait connu aucune femme, il n'avait même jamais embrassé qui que ce soit. Il n'avait aimé personne avant son amie. Il savait qu'il faisait le bon choix en se faisant ordonner mais il avait dix-sept ans et la proximité de Sya faisait ressortir toutes ses peurs. Il pencha la tête et les yeux clos déposa un chaste baiser sur les lèvres de Sya. Peu importait les conséquences, dans l'heure qui suivrait, il serait prêtre et alors la question ne se poserait plus dans les mêmes termes. Il était suffisamment mature pour comprendre ce à quoi il s'engageait. Il rouvrit les yeux et parla tout bas à l'oreille de son amie.

- Je ne peux rien te donner de plus mais j'espère que tu seras toujours là pour moi et que tu ne m'en tiendras pas rigueur.

Il se recula alors et sourit à nouveau à sa plus proche amie. Il lui prit la main et attendit sa réaction. Il avait peur mais ne regrettait en rien son geste. Il n'avait pas fauté et c'était un moment à eux seuls.

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Re: Quand les inséparables rencontrent Aristote...

Message par Ellesya le Jeu 5 Nov 2009 - 20:56

Elle retira sa main qu'il venait de saisir... et se jeta littéralement dans Ses bras pour le serrer très fort.

Que pouvaient ressentir deux jeunes gens qui se plaisaient et qui se trouvaient à la veille, que dis-je, à quelques minutes d'une cérémonie qui allait lier leurs destins à des routes qui les sépareraient? Non, cela ne les disjoindrait pas!
Au delà des troubles et attirances, resterait quoiqu'il arrive leur sincère amitié. Puis quoi de plus normale que deux perruches se bécotant? (^^)

Sya avait reçu le baiser avec surprise, son premier baiser. Presque subi car le temps qu'elle s'en rende compte, il était déjà terminé. Deux yeux gris posés sur un reliquaire à faire reluire posé sur un coffre à quelques pas derrière le futur prêtre. Et le sang affluant à ses joues, propulsé avec force par un coeur indiscipliné.


Je serais toujours là. Tu le sais bien. Ca ne changera pas.

Pour ce qui est de te tenir rigueur... Cela fait longtemps que je voulais qu'il en soit ainsi mais tu te destinais depuis si longtemps à la prêtrise et tu ne semblais pas en avoir envie.
J'en voudrais juste un. Un dernier voulu et attendu par tous les deux. Pour sceller, pour sceller oui, notre Amitié... avant ton serment.


La confusion transparaissait dans le ton de sa voix. Et la timidité se peignit sur les traits dévoilés, ponctué d'un sourire sincère. Elle ne se dévoilait pas souvent, en public, optant pour une polie amabilité, lisse.
Doucement et maladroitement, ce fut elle, cette fois, qui déposa ses lèvres sur ses homologues.
De toute manière, le sort en était jeté. Il se ferait ordonner. Et un jour, elle devra se marier... avec un autre.

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Re: Quand les inséparables rencontrent Aristote...

Message par Sybillee le Jeu 5 Nov 2009 - 20:58

Après avoir lâché le carrosse quelque part, Sybilla avait décidé de partir en expédition dans le grand château d’Amboise à la recherche de la collégiale ou tout irait se passer. Encore fortement impressionné par la grandeur du château elle regrattait encore une fois de plus de ne pas vivre en France. Certes, vivre en Hollande avait des avantages. Il y avait des tulipes, des sabots en bois qui faisaient mal au pied et des beaux hommes, mais des châteaux comme celui-ci on ne l’y avait pas. Les influences italiennes sur l’architecture étaient minimes en son pays, voire totalement pas présents. Peut-être ça que changerait avec ces nouvelles choses qui flottaient sur l’eau… boten, oui, ou bien des bateaux en français. Le nombre de ports en Holland n’était pas petit. Au contraire, il y avait bien beaucoup pour un Comté si petit…
Brusquement ses pensées furent interrompus quand elle remarqua qu’elle se trouva déjà de quelques mètres de la porte de la collégiale, et qu’elle fut donc arrivée à la fin de sa première expédition… qui n’était naturellement pas réussie puisqu’elle s’était fatiguée les méninges plutôt qu’elle avait observé le château. Elle soupira et se promit de poursuivre l’expédition plus tard ou bien peut-être plus au futur, elle verrait bien.
Elle entra dans la collégiale ou s’étaient réunis déjà plusieurs de gens, et dont, malheureusement, elle ne connait personne. Elle semblait bien se souvenir un des hommes qui était sans aucun doute un religieux. Après quelques secondes de réflexion elle se souvenait d’avoir fait des sceaux pour lui et que c’était l’Archevêque de Rheims. Puis elle reconnait encore le visage de son Éminence Ingeburge qu'elle avait vu une ou deux fois au Collège Héraldique de Rome. Elle se dirigea vers le groupe des gens pour saluer les présents. Elle s’inclina…


Votre Éminence, Monseigneur… Puis, en souriant vers les autres inconnus: Je suis Sybilla de Ligne, enchantée.
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Re: Quand les inséparables rencontrent Aristote...

Message par Håkon le Ven 6 Nov 2009 - 0:48

Håkon était hors du temps, hors de l'espace. Il n'avait pas imaginé entendre ce que lui dit son amie. Il ne voulait pas l'imaginer à vrai dire. Cela ne remettait naturellement rien en cause puisqu'il savait que sans son ordination, il ne se serait sans doute rien passé entre eux ou avant longtemps. Il ne regrettait donc pas la situation. Il souhaitait juste que les portes de la sacristie soient scellées et qu'ils passent le reste de leurs jours simplement à parler.

Puis son amie déposa ses lèvres contre les siennes et il lui rendit son baiser. Il ne savait plus quoi faire. Il se demanda une fraction de seconde ce qu'il se passerait si ils étaient surpris par sa tante ou par qui que ce soit puis rejeta ces pensées bien loin et se concentra sur les sensations que lui procuraient le contact charnel -sans doute le seul qu'il n'aurait jamais-, les odeurs, les sons étouffés provenant du chœur, le contact du corps de la jeune femme contre le sien.

Il se laissa aller à penser un instant que cela pourrait se poursuivre mais il se reprit immédiatement et cela se ressentit dans son maintien. Il s'écarta non pas brutalement mais fermement et tint son amie par les épaules, bras tendus. Il se crispa un instant les lèvres légèrement entrouvertes et le souffle court puis laissa retomber ses mains le long de son corps tandis que ses yeux se mirent à le picoter. Il n'avait jamais pleuré mais il sentait bien que la tension était à son comble, non pas à cause ou contre Sya mais simplement un mélange de nervosité due à son ordination, d'excitation due à la situation. Tout se mélangeait dans son esprit et c'est la voix rauque et basse qu'il prit la parole.


- Sya, mon amie. Tu seras toujours dans mon cœur. Je ne sais pas ce que la vie nous réserve mais elle n'a apparemment fini de nous monter des obstacles cruels.

Un pauvre sourire s'afficha sur son visage mais pourtant il n'était pas triste.

- Allez, préparons-nous. Je serais toujours auprès de toi quoi qu'il arrive au cours de ta vie. Pour les bonnes comme les mauvaises occasions. Et même quand je serais prêtre je ferais des gamineries avec toi.

Il eut alors un sourire sincère comme il se rendait compte qu'il parlait autant pour exprimer ses sentiments à son amie que pour se rassurer sur le fait qu'elle ne le repousserait pas lorsqu'elle serait mariée, dans un mois ou dans dix ans, qu'ils resteraient les amis inséparables qu'ils étaient.
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Re: Quand les inséparables rencontrent Aristote...

Message par Ellesya le Ven 6 Nov 2009 - 14:29

Voilà. Même si certains regrets la tenailleraient certainement longtemps -ou toujours-. Les choses étaient claires.
Il semblait sûr de lui malgré l'émotion, cela apaisa la jeune fille. Le fait d'avoir réalisé son désir, aussi. Que cela se soit déroulé sans accroc. Il était certain qu'elle aurait prolongé le moment, qu'elle serait volontiers restée là, loin du monde, avec son ami.
La fin du lien physique avait été accueilli sans difficulté, sans brisure. L'essentiel persisterait.

Par contre, les symptômes du "lendemain de la veille" revinrent en force, ravivé par la nervosité de la cérémonie à venir. Les jambes faibles et le vertige, sans compter les autres joyeusetés, se rappelèrent à Sya. Quelle idée de boire une bonne part de la nuit à la veille d'un office?


Se préparer? oui...
Serais-tu le plus sage de nous deux? J'espère bien que non. Je n'ai pas envie de m'ennuyer parce que tu porteras des pompons...


Regard malicieux et nez froncé.

Moi, je suis prête. J'ai la gueule de bois, j'improviserais et j'ai envie de remettre le peu que j'ai avalé... Tu vois, je suis bel et bien parée !

Veux tu que je reste ici avec toi jusqu'à ce que les "vieux" arrivent ?


Tout en parlant, elle s'installa sur un coffre.

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Re: Quand les inséparables rencontrent Aristote...

Message par Håkon le Ven 6 Nov 2009 - 14:59

Håkon sourit de plus en plus en entendant son amie. Le lien créé existerait toujours, sans aucun doute. Il s'installa sur un fauteuil qui trônait devant la petite cheminée où crépitait un feu bientôt éteint à présent. Il commençait à se demander ce qui retenait les "vieux".

Il était très tendu à présent et souhaitait que la cérémonie débute afin de pouvoir passer à autre chose. Cela l'aiderait à faire le deuil des espoirs révolus qu'il avait pu avoir vis à vis de Sya.

Il se leva et sans en proposer à son amie qui venait de commenter son état se servit un verre de vin qui l'aiderait à tenir le coup. Il réfléchit en marchant aux propos de son amie puis dit d'une voix légèrement enrouée et peu forte.


- Je ne sais pas si je suis le plus sage, mais je sais que tu ne t'ennuieras pas avec moi, rien ne changera entre nous lorsque j'aurai prêté serment. J'espère seulement que tout sera toujours aussi facile entre nous que ça l'est en ce moment.

Il fit encore quelques pas et regarda par la petite fenêtre qui donnait sur les jardins.

- Je n'ai pas parlé avec ma tante depuis bien longtemps, tu sais ? Non pas que j'en ai été vraiment proche un jour. Je suis arrivé trop vieux et trop jeune à la fois. J'ai bouleversé sa vie et je n'ai pas l'impression de lui avoir donné quoi que ce soit en retour d'autre que des soucis. Je ne sais jamais vraiment comment je dois l'appeler, comment je dois être avec elle que ce soit en public ou en privé. J'espère que mon autonomie permettra d'arranger les choses, même si notre éloignement est un obstacle de plus à notre rapprochement. Nous n'avons que sept ou huit ans d'écart et pourtant j'ai l'impression qu'elle est inaccessible. Cela peut te sembler étrange mais ces pensées restent intimes et il est bien naturel que j'ai été élevé selon mon rang et que je n'oserai jamais lui en parler.

Je vais me faire ordonner et je ne sais pas si ce choix l'agrée.


Il se retourna vers son amie, les yeux légèrement voilés et plein de détresse dans le regard, mais tout cela passa rapidement en voyant l'air dépité qu'elle arborait en essayant de maîtriser son corps. Il sourit puis rit nerveusement mais d'une joie presque enfantine.

- Tu devrais aller te remettre de la poudre que tu importes à si grand prix sur le nez et les joues si tu ne veux pas que les "vieux" te tancent pour ta conduites peu pieuse.
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Re: Quand les inséparables rencontrent Aristote...

Message par Ingeburge le Ven 6 Nov 2009 - 22:00

[Sur le seuil]


Elle aurait dû s'en douter. A se baisser ainsi pour se mettre au niveau de la petite Merveille, elle ne pouvait que risquer un assaut quelque peu baveux mais ô combien sincère, ne l'avait-elle pas d'ailleurs vécu dans les jardins de l'Artemisium? Elle fronça légèrement le nez, toujours aussi peu habituée aux contacts les plus divers mais ne s'en offusqua pas, il n'y avait que Miguaël qui avait pur rompre ses défenses. Il faut dire que l'assaillant disposait d'armes redoutables : des yeux pétillants, un beau visage désarmant et un rire spontané qui ne demandait qu'à se faire entendre. Battant prudemment en retraite, elle concéda :
— Vous êtes... joli, cela est certain.
Et elle eut droit à une deuxième saillie de son malicieux adversaire. Rendant les armes, elle déclara dans un sourire :
— Bien, vous êtes sûrement le jeune damoiseau le plus élégant qu'il m'ait été donné de rencontrer.

Puis son visage se referma à nouveau et elle indiqua :
— Il va me falloir vous laisser, je dois aller me préparer pour la cérémonie. C'est un moment très important pour votre sœur. Tout comme vous, elle a été baptisée alors qu'elle n'était qu'une enfant et étant devenue une jeune fille accomplie, elle a souhaité renouveler son engagement. Un jour, vous ferez certainement de même et si le Très-Haut m'accorde l'honneur de pouvoir être là, je me tiendrai à vos côtés.
Elle se releva lentement, empoignant son sac et salua la Comtesse d'Arkel qui venait de les saluer. Elle répondit d'une légère inclinaison de tête puis glissa à AsdrubaelVect :
— Je vais à la rencontre d'Ellesya et Håkon, nous nous reverrons plus tard.
Aux personnes présentes, elle dit :
— Je vous prie de bien vouloir m'excuser.
Avant de pénétrer dans la collégiale.


Une fois dans le narthex, elle obliqua vers l'une des nefs latérales, se souvenant vaguement que l'entrée de la sacristie se trouvait de ce côté-ci. Jetant des regards vagues vers les travées, elle y aperçut quelques visages auxquels elle accorda de brefs et distraits saluts. Elle était de nouveau plongée dans ses pensées, assaillie par mille réflexions, se demandant notamment ce qu'elle allait dire aux deux oisillons déjà échappés du nid et qui entendaient bien voler davantage de leurs propres ailes. Etant elle-même de nature indépendante et solitaire, elle ne sen plaignait pas mais certaines choses la laissaient perplexe. Et au-delà de cela, en remontant l'allée, elle avait cru constater que d'Aaron, point. C'était là un autre motif de circonspection, où pouvait donc bien se trouver le Vicomte d'Ivry? Pour l'heure, elle ne s'inquiétait pas, le cardinal pouvant déjà se trouver dans la sacristie à faire la leçon à la jeunesse.

La sacristite justement, était en vue. Ingeburge s'immobilisa et gratta à l'huis par lequel lui parvenait le murmure étouffé des occupants du lieu.


Dernière édition par Ingeburge le Ven 6 Nov 2009 - 23:33, édité 1 fois (Raison : Décidement, que de fautes...)
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Re: Quand les inséparables rencontrent Aristote...

Message par Ellesya le Ven 6 Nov 2009 - 22:38

[Sacristie]

Ne disait-on pas qu'il fallait soigner le mal par le mal? Hmmm... Toute occupée à songer à cette question existencielle, Sya regardait Hakon déambuler un verre à la main.

Les pensées furent mises de côté lorsqu'il se mit à parler de sa tante. C'était souvent un sujet sensible ou même douloureux chez le jeune danois.
Il y avait quelques semaines, Sya avait d'ailleurs écrit à sa marraine pour connaître l'avis de celle-ci sur l'ordination de son neveu, sur son sentiment concernant l'avenir potentiel d'eux deux. Mais à l'époque, le Cardinal semblait avoir déserté Rome et après un certain temps, le messager revint, lettre non décachetée à la main. Elle avait alors prit le parti de faire une missive somme toute nettement plus courte et pratique, sans plus aborder ces questions.
Et voilà que son inquiétude était fondée. La tante et le neveu n'avaient pas eu de discussion claire sur le sujet.
Elle se leva tout en écoutant Hakon et entrouvrit le panneau d'une des fenêtres pour faire entrer un air frais salvateur. Une profonde goulée d'air plus tard, elle reprit place sur son coffre.


J'ai du mal à imaginer que tu ne lui apportes que des soucis sincèrement... loin de là même.

Je n'ai d'autre conseil à te donner que de te tirer cette idée de la tête. Surtout si tu ne peux même pas envisager de t'ouvrir à elle un jour.

Pour ce qui est du choix que tu as fait... ma foi, que celui lui convienne ou non, il s'agit de ta vie et tu choisis un voie honorable. J'espère qu'elle te rendra heureux surtout.


Tout en parlant, du bout des doigts, elle fit un petit tas de poussière sur le rebord de la fenêtre...

Quant à la poudre... cherches tu les ennuis? Je n'en ai pour l'instant pas eu l'usage...

Une pincée de poussière fut soufflée sans préavis vers le futur prêtre. Sya ricana en frottant ses mains lorsqu'un bruit discret mais distinct se fit entendre contre l'huis.
Un regard lancé à Hakon, des joues tapottées pour se donner un air plus sain et elle ouvrit la porte.
La Duchesse de Bourgogne fut accueillie avec un large et franc sourire. Ellesya recula en ouvrant plus grande la porte et en se pliant en une profonde révérence taquine.


Bienvenue en notre antre, Marraine !

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Re: Quand les inséparables rencontrent Aristote...

Message par Ingeburge le Sam 7 Nov 2009 - 0:01

L'attente ne fut pas trop longue, elle fut même somme toute normale en regard du fait qu'elle interrompait une conversation qu'elle imaginait non sans mal assez importante, à l'image de cette journée particulière. La porte s'ouvrit donc, sur une Ellesya parée de rouge profond et de blanc virginal. La jeune fille, bien que légèrement pâle, semblait enjouée. Aurait-il pu en être autrement? Il ne s'agissait ni de monter à la potence ni de convoler en noces tout sauf justes avec un vieillard gâteux bardé de titres. La Petite Valkyrie plongea en une gracieuse mais légèrement peu conventionnelle révérence et l'accueillit de quelques mots dans la sacristie.
Ingeburge répondit :

— Le bonjour, ma demoiselle et merci à vous.

Elle entra ensuite dans la pièce et son regard froid accrocha la silhouette d'Håkon qui se tenait en retrait. Elle l'examina, en silence. Lui aussi avait choisi le blanc mais n'y avait pas adjoint de couleur et à la différence d'Ellesya, il paraissait quelque peu fébrile. La tension d'ailleurs était palpable et sa mutique arrivée n'était pas de celle qui amoindrirait la pesanteur de l'atmosphère.
Ses prunelles claires balayèrent alors la pièce, à la recherche d'une tierce personne, Aaron peut-être ou à tout le moins un adulte. Elle ne vit personne et reposa à nouveau les yeux sur son neveu. Elle lâcha finalement, laconique :

— Monsieur.

A nouveau, elle se tut et fit quelques pas de plus dans la pièce, regardant sans les voir les objets et le mobiliser disposés çà et là. Assez cependant pour aviser une table où elle déposa son havresac dans un bruit mat. Elle se débarrassa ensuite de sa mainte et s'assit finalement sur le rebord d'un fauteuil, très droite.
Dégantant ses mains avec une lenteur étudiée, elle regarda tour à tour les deux adolescents et déclara, sa phrase tenant plus de l'affirmation que de la question :

— J'espère ne pas déranger.
Car manifestement, elle interrompait quelque chose.

Elle ne les avait pas vus depuis longtemps et elle était réellement heureuse de les revoir. Rien pourtant ne transparaissait sur son visage ou dans sa voix. Elle n'avait jamais été portée sur les grands épanchements et cette réserve qu'elle affichait était habituelle. Mais à dire vrai, cette froideur qu'elle n'avait jamais dissimulée était préférable à ce qu'elle pensait. Quelque chose la gênait et elle ne parvenait pas à mettre le doigt dessus; elle en pouvait que supputer. Pour autant, elle préférait se taire... elle en saurait peut-être davantage aux réactions manifestées par sa filleule et son neveu.


Dernière édition par Ingeburge le Dim 8 Nov 2009 - 17:26, édité 1 fois (Raison : relecture)
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Re: Quand les inséparables rencontrent Aristote...

Message par Håkon le Sam 7 Nov 2009 - 1:49

Håkon avait du mal, pratiquement autant que sa tante à montrer ce qu'il ressentait, sauf en présence de Sya, sa confidente et son amie. Lorsque celle-ci accueillit sa tante, un léger sourire fit jour sur son visage qui disparut sitôt que sa tante avança dans la pièce et qu'elle tourna son regard vers lui. Il sentit, si tant est que cela fut possible son estomac se nouer plus encore et la tension qui grimpait à chaque instant atteint son comble lorsqu'elle prit la parole.

"Monsieur". Il aurait préféré qu'elle le frappe ou l'insulte. Il se sentit blêmir et son visage prit un teint de cendres. Il s'inclina profondément et toutes ses belles intentions de l'accueillir avec chaleur et enthousiasme pour renouveler ses liens avec elle fondirent en un instant.


- Min Tante er en fornøjelse at se dig igen. Gå du godt?*

Ces mots dans leur langue maternelle était tout ce qui lui était venu, presque machinalement pour se raccrocher à ce qui les rassemblait plutôt que de s'enfuir de cette pièce qui semblait sceller tout ce qu'il pouvait perdre en ce jour. Il savait sa décision mûrement réfléchie et il devait à présent affronter la cérémonie et il espérait que tout rentrerait en ordre avec le temps. Il était jeune et heureusement pour lui, il n'avait pas conscience réellement de ce que toute cette cérémonie allait engendrer. Il fit quelques pas et regarda Ellesya, pour se rassurer. Ses paroles à propos de sa tante semblaient avoir été prémonitoires. Ou un simple constat réaliste de la situation. Il aurait aimé se tromper. Il expira longuement puis se déplaça lentement pour aller s'asseoir sur une chaise.

- Vous ne dérangez rien, nous vous attendions en parlant de choses et d'autres. Avez-vous fait bonne route ? Je suis heureux que vous ayez pu être là pour ce jour. Votre présence m'est très importante et j'aurais aimé que plus nombreux soient les membres de notre famille à assister à cette cérémonie.

Parler pour oublier, parler pour faire passer le temps et détendre l'atmosphère autant que possible. Ce n'est que lorsqu'il reprit le français qu'il s'aperçut de ses mots en danois et adressa un regarde navré à son amie sans savoir si elle en comprendrait le sens.


* Ma Tante, c'est un plaisir que de vous revoir. Allez-vous bien ?
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Re: Quand les inséparables rencontrent Aristote...

Message par Invité le Sam 7 Nov 2009 - 11:10

Je vous remercie ma dame, mais si vous me permettez, je préfère ne pas avoir à vous voir dans ces conditions-là, mais plus pour une discussion tout à fait habituelle. Je vais aller faire un tour à la sacristie, vous voudrez bien m'excuser.

Graoully salua la dame, et tout en boitant, il gagna la sacristie. Remettant en place sa soutane et sa croix inquisitoriale, il entra. Il avait vu son ex-archevêque l'y précéder, et la remarqua bien vite. Sa première phrase lui vint en breton.

Demat d'an holl ! Ou plutôt bonjour à tous éminence, ma nièce, monsieur. Ravi de vous revoir éminence, voilà quelques mois que je n'avais plus eu l'occasion de vous revoir. Ma nièce, je vous espère prête pour ce grand jour.
Eminence, puis-je vous être d'une quelconque aide ?

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Re: Quand les inséparables rencontrent Aristote...

Message par Aaron le Sam 7 Nov 2009 - 12:51

Depuis le début ce voyage était mauvais ! D’abord cette charrette accidentée au milieu du chemin à hauteur de Troyes, puis cet incident à la frontière berrichonne, enfin, cette roues brisée à l’arrivée à Amboise après que le cocher, pour éviter tout autre mésaventure, eut pris des chemins peu, voire pas du tout carrossable. « Nous aurions mieux fait de venir à cheval » pensa le cardinal.

Le château d’Amboise était en vue, dominant de son promontoire la vallée de la Loire. Le cardinal fit sceller tant bien que mal un des chevaux d’attelage avec quelques étoffes, cordes et sangles dont disposait à ce moment là, en pleine campagne, le petit convoi.

Il fit porter sa malle légère, la plus importante, celle qui contenait ses vêtements pour l’office, sur l’un des trois chevaux qui restaient, telle une mule. Deux intendants montèrent à dos nu sur les deux derniers étalons, et le petit groupe, accompagné d’un garde armée, chevauchèrent jusqu’au château.

Empruntant la tour cavalière Heurtault, à « l’arrière » du château, ils arrivèrent dans la cour des communs, sur les côtés de la collégiale. Excessivement mis en retard par les incidents du chemin, le cardinal préférait pénétrer par le transept, craignant que la cérémonie n’ait commencée sans lui.

Son habit vert qu’il revêtait exceptionnellement, était couvert de poussière. Si bien que le vert tendre de la soutane, du pardessus, de la cape et de la pèlerine était devenu kaki. Il pénétra par la porte du petit cloitre qui fermait le chœur à l’arrière de la collégiale, emprunta l’allée qui le menait directement à la sacristie. Marchant d’un bon pas, suivit de deux de ses intendants avec sa malle, le cardinal entra dans la petite antichambre qui précédait la sacristie, saisit enfin la poignée de la seconde porte qui y menait… …elle était fermée !


Argrhh ! – rugit-il en frappant la porte du poing ! – Qu’on fasse venir un intendant pour m’ouvrir cette porte !

Se trouvant vers l’un de ses laquais.

Raymond, aide-moi déjà à me changer ! Nous gagnerons du temps ! – lança-t-il d’un ton sévère et agacé, presque criant…

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Re: Quand les inséparables rencontrent Aristote...

Message par AsdrubaelVect le Sam 7 Nov 2009 - 15:34

Le Duc saluait au fur et à mesure les nouveaux arrivants. Lorsque Sybillee -qu'il ne connaissait pas- approcha et leur parla, il lui répondit :

Bonjour Madame, je suis enchanté de vous rencontrer. Je suis Asdrubael, le père d'Ellesya.
Si mes sens ne me trompent point, je dirais que vous venez du nord... De quelle contrée nous venez-vous ?


Lorsqu'Ingeburge passa près de lui et lui glissa quelques mots, il tenta la réponse sur le même ton :
Nous nous reverrons, oui.
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Re: Quand les inséparables rencontrent Aristote...

Message par Esyllt Catarina le Sam 7 Nov 2009 - 19:11

En orient, il y avait les Indes. Ces habitants, les indiens, comme elle l'avait entendu lors d'une conversation, vivait dans un monde coloré, parlait un langage surprenant. Epices, tissus, matières précieuses. Ainsi, comme dans les livres, mais surtout les rêves d'enfant, Esyllt formait avec son frère, mais aussi son père, la tribu de Sombernon. La dernière fois, c'était pour des raisons héraldiques, cette fois, le matériel était laissé de côté pour une puissance spirituelle unique.
Un lien tissé entre deux êtres, filleule et marraine, représentant et Dieu Créateur.
De son côté, elle avait tout bien écouté, tout bien compris, elle devait être un modèle de perfection, sage, polie, fervente, entre tout autres choses.

Devant son père, les gens passaient. Des visages connus que la "poupée touloise" avait découvert à Amboise, des inconnus, et d'autres plus familiers.
Alors que le défilé continuait, Esyllt saluant courtoisement chacun d'eux, une pincée de jalousie, lorsque sa gracieuse Eminence prit tant de plaisir à converser avec son petit frère. La marquise lui manquait, tout comme sa mère ...

Alors que son père conversait avec une femme au drôle d'accent, les sens de la petite dernière se remirent en eveil. Etait-elle des Indes ? Un accent, une tenue qui dévoilait là aussi l'envie de la jeune fille. Arf, elle voulait en savoir plus. Aussi, l'écoute était à son paroxysme pour connaitre la suite.
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Re: Quand les inséparables rencontrent Aristote...

Message par Ellesya le Sam 7 Nov 2009 - 20:38

[Sacristie]

"Et bien!" L'utopique espoir d'un aimable rassemblement clanique avant l'office se brisait en milles cristaux de glace. De celle que semblait souffler sa Marraine dans la pièce.
Sya ne se départit néanmoins pas de son sourire. Pas question de se calquer pour l'instant sur les habitudes de froideur des danois... quoiqu'en parlant de froideur, après tant de temps passés ensemble, Hakon s'en était un court instant séparé pour son plus grand plaisir.

Au "Monsieur", Sya se crispa un peu. En fait non, ses muscles s'étaient tendu durant le silence qui avait suivi son entrée... Le stress n'avait pas pour vertu de calmer la gueule de bois. La jeune duchesse perdait déjà le peu de couleur qu'elle s'était donné.

Les mots étranges, étrangers, roulèrent de la bouche de son ami. Bonne diversion pour la chaleureuse jeune fille qui avait du mal avec les attitudes plus réservées de ces deux proches.
Elle capta le regard de son chapelain, lui en rendit un souriant.
Il fournit une réponse à sa tante, lui lança un regard qu'elle ne put interpréter.

Elle colla sur ses traits un air serein qui ne dura guère. L'arrivée inattendue et non annoncée de Graoully la fit sursauter tout à fait. Main sur le coeur, elle le regarda surprise et le salua du chef.


Salut à vous.
Je suis bien entendu prête. Il s'agit simplement d'une confirmation de mon baptême. L'ordination de Frère Hakon est bien plus notable et importante en ce jour.
Je ne pense pas que...


Argrhh !

Tambourinement sur l'autre porte. Celle par laquelle elle-même était entrée pour éviter de devoir montrer sa frimousse et faire la causette.

Oups...

Un tour de clé et un loquet ouvert plus tard, Sya découvrit Aaron.

... me changer ! Nous gagnerons du temps !

J'avais verrouillé derrière moi visiblement. Désolée, Parrain, et surtout bienvenue.

Voulez vous que je vous aide à vous apprêter?
lança t'elle avec un franc sourire plein de malice en lui proposant d'entrer. C'était une arrivée bienvenue...

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Re: Quand les inséparables rencontrent Aristote...

Message par Aaron le Dim 8 Nov 2009 - 17:17

Alors que le cardinal était empêtré dans les différentes parties de sa soutane à moitié retirée, la tête sous les étoffes, il entendit la porte s’ouvrir et une voix bien connue lui dire :

« Désolée, Parrain, et surtout bienvenue. Voulez vous que je vous aide à vous apprêter? »

Ma foi – dit-il la tête toujours coincée dans ses vêtements ! Une fois en ce qui semblait être une robe de chambre saillante, le cardinal pénétra dans la sacristie, tout décoiffé et un peu déboussolé.

Veuillez m’excuser pour le retard ma chère petite ! Une foule d’incidents me sont arrivé durant le voyage. Et cela me fait oublier de saluer ma chère collègue…

Dit-il en saluant le Connétable de Rome d’une révérence gracieuse accompagnée d’un sourire malicieux.

Et votre chère collègue…

Ajouta-t-il en saluant d’une inclinaison de tête le filleul de la Bourguignonne.

Raymond, Charles, apportez moi la malle ! J’accepte votre aide, duchesse – dit-il sur un ton amusé en se retournant vers la maitresse des lieux qui ressemblait de plus en plus à sa chère mère ! Il posa affectueusement sa main sur sa tête en esquissant un sourire sage et pensif avant de se reculer en faisant résonner un petit « humf » dans sa gorge.

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Re: Quand les inséparables rencontrent Aristote...

Message par Ingeburge le Dim 8 Nov 2009 - 17:56

[Dans la sacristie]

Ses yeux se reportèrent sur Håkon quand il s'adressa à elle et qu'il emploie le danois pour lui parler ne l'étonna pas plus que cela. Après tout, il avait grandi en Danemark et c'était le même sang qui coulait dans leurs veines. Mais elle avait passé son enfance en Provence, au couvent de la Celle et même si elle en gardait des souvenirs, elle n'utilisait pas sa langue maternelle ou très peu, pour répondre par exemple aux lettres des quelques membres de la famille encore en vie. Personne ne s'exprimait en cette langue autour d'elle mis à part son neveu.
Elle le regardait toujours, gardant le silence. Il prit place et reprit la parole, lui parlant cette fois en français. A l'évocation de leur famille, elle glissa :

— Notre famille?
Elle n'ajouta rien, se contentant de hausser un sourcil agacé. C'est qu'elle en avait des choses à dire et que ces choses, elle se devait de les dire maintenant. Mais quelque chose semblait la retenir et bien lui en prit de ne pas s'exprimer davantage car quelqu'un entra dans la sacristie.

Etonnée, elle tourna la tête vers la porte et reconnut l'un de ses anciens clercs. Masquant sur un ton neutre son mécontentement d'avoir été interrompue, elle répondit, après qu'Ellesya eut pris la parole :

— Mon père, quelle... surprise. Je n'ai besoin de rien, merci à vous.

De nouveau, le silence mais pas pour longtemps. Non pas qu'elle-même aurait alimenté la conversation, l'arrivée du curé l'ayant douché sa loquacité déjà fort entamée. Ce fut un bruit sourd qui le brisa et quelques exclamations vigoureuses. Elle sourit à demi, il y avait bien une porte secondaire. Elle ne s'était pas risquée à la chercher au final et bien lui en avait pris car manifestement, elle était fermée à clé.
La jeune Duchesse d'Amboise déverrouilla cette porte si ardemment courtisée et l'on vit entrer un Aaron qui contrairement à son habitude n'était pas tiré à quatre épingles.

Ingeburge se fendit d'un petit salut amusé :

— Votre Eminence... je gage que vous avez connu d'intéressantes péripéties.

Elle lança ensuite à son neveu :
— Nous devons nous entretenir. Seuls.

Finalement, elle se leva, dans un bruissement d'étoffe et attrapa sa mante. Puis, saluant toutes les personnes présentes, elle emprunta le chemin par lequel Aaron était entré et gagna l'extérieur.
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Re: Quand les inséparables rencontrent Aristote...

Message par Håkon le Dim 8 Nov 2009 - 18:35

[Sacristie]

Håkon n'eut pas le temps de s'appesantir sur son sort puisqu'un enchaînement d'arrivées se succédèrent. Il fut assez surpris de voir que l'oncle de Sya ne frappait pas mais entrait sans prévenir. Il fronça les sourcils et se tourna vers sa tante pour parler de sa famille mais avant qu'il n'ait le temps de reprendre sa mélopée somme toute assez inutile, il sursauta, alerté par les coups assénés à la porte secondaire qui menait vers l'extérieur et sur laquelle, après ouverture semblait s'acharner Son Éminence Aaron. Un léger sourire vint se figer sur les lèvres du jeune danois. Son cœur s'était remis à battre à un rythme effréné mais nul émoi adolescent n'en était cette fois à l'origine.

Il adressa un petit signe de la tête au Père breton et s'inclina vers Son Éminence Aaron.

Alors qu'il se demandait ce qui devait arriver à présent, sa tante reprit la parole à son attention et il hocha la tête pour signifier qu'il avait compris. Il se leva, jeta un regard à son amie et lui fit un petit sourire avant de suivre sa tante qui sortait par la porte secondaire.
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Re: Quand les inséparables rencontrent Aristote...

Message par Ingeburge le Dim 8 Nov 2009 - 20:21

[Dehors mais pas sur le parvis]

Montrant le dos à l'imposante bâtisse qu'elle venait de quitter, Ingeburge, après avoir passer sa mante, s'appliquait à enfiler ses gants de cuir de Cordoue. L'air de novembre pour tout ensoleillé qu'il fût n'en demeurait pas moins mordant et elle ne pouvait se risquer d'attraper mal, en ce moment moins que jamais. Car après cette pause qu'elle s'accordait non sans remord, il lui faudrait reprendre le travail, afin d'achever ce mandat ducal qui lui semblait interminable et envisager le suivant. Ses sentiments à l'égard de ce dernier était des plus mitigés. Certes, elle ne pouvait que se répandre en conjectures, échafauder des plans et des hypothèses tant que le résultat des élections ne serait pas connu... Pour autant, même sans savoir ce que cela donnerait, elle oscillait entre l'envie de continuer et celle plus tentante de renoncer; son vais changeait au gré de ses humeurs, de ses satisfactions et de ses déceptions.

Le bruit de pas derrière elle balaya ses chimères et elle se tourna lentement vers son neveu. Il était sorti sans penser à se couvrir. Détail plus noté par sens de l'observation que par penchant maternel, cet instinct que certains évoquaient, elle ne l'avait pas et son neveu avait atterri dans sa vie déjà grand et éduqué, elle n'avait donc jamais senti ce besoin de se comporter en mère à son égard. D'ailleurs, à tout prendre, elle ne s'était jamais vraiment occupée de lui et elle n'avait jamais su ce qu'il attendait d'elle. Elle lui avait donné un toit, des vivres, des subsides et une certaine protection qu'il n'avait pas réclamés, comme il n'avait jamais rien réclamé de plus d'elle. Etait-ce pour autant qu'il ne désirait pas autre chose? Elle ne le savait pas et elle nota soudainement qu'il partageait là un trait de famille commun : mutisme et circonspection. Ils n'étaient pas très causants dans la famille, que ce soit de vive voix ou par missive interposée.

Pourtant, ils devraient parler. Et c'était maintenant ou jamais. N'étant pas de nature à occulter le fond de sa pensée, elle ne se déroberait pas. Elle attaqua donc, sans circonvolution superflue :

— Ainsi donc vous êtes heureux de ma venue, ma présence vous importe.
Son visage resta indifférent, malgré le ton dubitatif. Elle poursuivit :
— Pourtant, il ne me semble pas que vous ayez daigné m'écrire pour me signifier que vous ne renonciez pas à vos projets et pour m'informer qu'ils allaient se concrétiser ce jour.
Bien que je porte une vive affection à Ellesya, il aurait été convenable que vous preniez le temps de me faire mander une missive, aussi brève fût-elle et que j'apprenne donc la nouvelle par vous. Je ne doute pas que les distractions en Touraine sont légion...

Et ses yeux se posèrent sur la sacristie :
— ... mais si vous accordez tant de prix à la famille, il aurait été pertinent de rendre vos actes conforme à ce que vous pensez.

Son regard froid se reporta sur Håkon alors qu'elle concluait sa première sortie.
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Re: Quand les inséparables rencontrent Aristote...

Message par Håkon le Dim 8 Nov 2009 - 21:05

[Dehors mais pas sur le parvis]

Håkon était sorti sans vraiment savoir ce qu'il allait dire ni entendre. Il n'avait que peu de contacts avec sa tante et il était certain qu'elle n'était pas en de bonnes dispositions à son égard. Il avait déjà pu en avoir un aperçu dès son entrée dans la sacristie. Le froid le fit frissonner mais ce fut rapidement oublié. Il avait beau être descendu dans le sud depuis près de trois ans à présent, il semblait que la température ne lui faisait pas d'effet.

Il fit quelques pas et se fixa, levant son regard vers sa tante et la regardant d'un regard neutre mais résolu. Il avait attendu une occasion de la croiser et de pouvoir l'aborder sans succès, craignant toujours de la déranger. Il était très en retrait et la seule personne qui parvenait à l'extraire de sa coque de protection de mutisme était bien son amie, sa confidente, Sya. Les paroles de sa tante n'étaient pas cruelles et il saisissait leur sens et leur véracité. Il avait préféré fuir ce mur de silence et laisser son amie se charger de tout ce qui concernait sa tante car il ne savait pas comment l'aborder alors que Sya semblait à l'aise avec Ingeborg.

Il prit un instant de réflexion puis fit le grand saut, il allait parler avec sa tante et rien que cela lui procurait une légère fébrilité qu'il parvenait à cacher en se concentrant sur ce qu'il avait à lui dire.


- Vous avez entièrement raison, je suis impardonnable. Je vous assure que votre présence m'importe plus que vous ne pouvez l'imaginer. J'aurais dû vous prévenir moi-même mais je n'ai pu me résoudre à le faire. Vous demander une nouvelle fois un service me semblait extrêmement déplacé. Et pourtant, Dieu sait que je n'aurai voulu personne d'autre que vous pour me mener sur la voie que j'ai choisie.

Lorsque je suis arrivé du Danemark, vous n'avez pas hésité un instant à venir me chercher et à me prendre sous votre aile, à m'accorder votre protection, à me nourrir et à m'entretenir. En retour je n'ai pas le sentiment de vous avoir rendu ce que je vous devais comme... honneur ? Je vous respecte et je suis admiratif pour votre parcours. Vous êtes bien jeune pour avoir vêcu autant et avoir eu tant de soucis. Et j'ai le sentiment d'être arrivé de nulle part et de vous avoir ajouté un poids, un fardeau.


Les vannes semblaient bien ouvertes et le débit ne cessait pas ni ne se réduisait. Håkon regarda au loin, pour ne plus affronter cette charge qui lui pesait depuis des mois. Il n'avait pas eu le courage que l'on attendait d'un noble, ni celui d'un Ahlefeldt. Il fronça légèrement les sourcils avant de retourner son regard vers celle qui représentait l'essentiel de sa famille aujourd'hui, les yeux brillants.

- Je ne peux pas vous imposer quoi que ce soit de plus et je sais que ma conduite doit vous sembler irrationnelle mais je suis à un croisement de ma vie et je sollicite votre appui car je ne peux pas recevoir celui de qui que ce soit d'autre de mon sang. Vous êtes ma tante et ma marraine et je vous demande aujourd'hui de m'accorder votre bénédiction pour mon ordination bien que cela soit présomptueux de ma part.

Il en avait terminé. Il songea qu'il n'avait jamais tant parlé avec sa tante depuis tout le temps qu'il était dans le Sud qu'en cette seule traite. Il était à présent un jeune homme bien peu fier de lui mais il avait dit ce qu'il ressentait comme il n'avait jamais pensé pouvoir le faire.
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Re: Quand les inséparables rencontrent Aristote...

Message par Sybillee le Dim 8 Nov 2009 - 22:53

En écoutant les paroles du père d'Ellesya qui se présentait, la jeune Hollandaise aperçût la jeune fille qui se trouvait chez Asdrubael. Un petit sourire apparut au visage de Sybilla afin de la saluer discrètement. Puis elle s'adressa de nouveau au père de son chef à la Herauderie de Rome.

Enchantée, Votre Grace. Je viens du Comté d'Hollande, qui se trouve au nord en effet.
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Re: Quand les inséparables rencontrent Aristote...

Message par Sibella le Lun 9 Nov 2009 - 21:50

[Intérieur de la Collégiale]

Après avoir salué le père d'Ellesya sur le parvis, Sibella s'était dirigée à l'intérieur de la collégiale. Elle avait besoin de se recueillir et de prier avant d'assister aux deux événements importants qui allaient se dérouler à Amboise.

Sa vie avait été bouleversée ces derniers temps, apprenant son appartenance à la prestigieuse famille de la Louveterie. Elle avait toujours eu beaucoup d'admiration pour Morgwen, son maitre en Héraldique, son amie, sa confidente, son témoin de mariage qui lui manquait beaucoup chaque jour. Elle admirait beaucoup le couple que formaient Numalane et son époux Anthony de Massigny "Le Wulfen" trop tôt disparus l'un et l'autre.

Cette découverte lui avait apporté beaucoup de bonheur, elle était fière d'avoir une famille, de connaitre son origine et elle espérait bien que les jours et mois à venir, lui permettraient de faire plus ample connaissance de chaque membre de sa famille.

Elle se dirigea vers les cierges, en pris deux et les alluma pour les piquer ensuite avec les autres. Elle joignit ses mains et se murmura doucement le Crédo.
La cérémonie n'avait pas encore débutée, mais elle savait que ce serait un moment très important, emprunt de recueillement, une nouvelle vie pour Hakon, un choix certainement difficile à faire.
Pour Ellesya, une lumière à suivre, accompagnée par son parrain et sa marraine, une porte qui allait s'ouvrir sur des horizons différents.

Après avoir récité le Credo, Sibella regagna une place assise. En passant, elle regarda Esyllt et Miguaël qui étaient assis sagement suivant les recommandations d'Asdrubael. Elle leur adressa un sourire et alla prendre place en attendant que les invités arrivent et que la cérémonie débute.
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Re: Quand les inséparables rencontrent Aristote...

Message par Ingeburge le Mar 10 Nov 2009 - 13:44

[Dehors mais pas sur le parvis]

Il ne répondit pas tout de suite, semblant chercher ses mots et par quel bout prendre la conversation. Elle attendit donc, n'esquissant pas le moindre geste d'encouragement, ne cherchant pas à provoquer une réponse qui finirait de toute façon par venir. Ils étaient dehors, seuls, juste avant que la cérémonie commence et cette occasion pourrait certes se reproduire mais dans des circonstances différentes. Il fallait que les choses soient dites, maintenant, et elle en avait pris son parti. Il ne tenait qu'à l'adolescent qui se tenait devant elle, songeur, d'en faire de même.

C'est ce qu'il fit, finalement et elle l'écouta attentivement. Il expliqua tout d'abord pourquoi il n'avait pas écrit et si le visage d'Ingeburge jusque lors était resté de marbre, il marqua à ces mots clairement l'agacement qui était le sien. Il évoqua ensuite son arrivée du Danemark et les sentiments qu'il entretenait à son endroit. Elle encaissa ce qui lui était dit, constatant légèrement étonnée que son propre neveu la voyait au final comme autre chose que ce qu'elle devait être pour lui. Elle n'était pas sa tante à ses yeux, il la considérait simplement comme les étrangers le faisaient même si lui avait pu entrapercevoir la femme derrière le personnage public. Enfin, il aborda le point de l'ordination, à mots couverts.

D'un geste irrité de la main, elle balaya la fin de la tirade, il n'était pas que cela se terminerait ainsi. Elle voulait des explications sur certaines choses et elle répliqua, toujours aussi froide :

— Je ne doutais pas que prendre la plume était aussi difficile que de me rencontrer en personne, je ne pensais pas qu'écrire représentait à ce point un obstacle insurmontable. Croyez-vous donc qu'en vous dérobant ainsi, j'accepterai plus ce que vous vous apprêtez à faire?
Certainement pas.

Les deux derniers mots claquèrent, tel un coup de fouet.
La voix plus dure, elle poursuivit :

— Quant à savoir si vous êtes un poids ou non, si votre présence m'a indisposée ou non, cela me regarde. Et si ce sentiment était le vôtre, pourquoi ne vous en êtes pas ouvert plus tôt à moi?
Mais elle ne le laissa pas répondre, haussant les yeux au ciel :
— Oui, oui, parce que je ne suis pas... réceptive. Il est tellement plus facile de me faire grief de mon tempérament que de prendre ses responsabilités.

Se taisant quelques instants, elle fit quelques pas, le bruit de ses pieds foulant le sol et la soie bruissante de sa robe troublant seul le silence pesant qui s'était installé entre eux. Elle n'avait pas fini et cela tombait bien puisque le temps était à l'explication franche. Aucun des deux n'en ressortirait indemne mais ils ne pouvaient plus reculer.

La duchesse fit donc volte-face et se rapprocha de lui, glaciale, détachant chaque syllabe :

— Ne faites pas donc appel à notre sang alors que vous ne me percevez pas autrement que comme le commun des gens. Vous savez pourtant, pour avoir vécu dans mon intimité, que je vous ai accueilli sans rien exiger de vous. Je vous ai reçu car vous êtes de ma famille et c'est cette appartenance à cette famille que vous brandissez aujourd'hui comme un bouclier protecteur alors que vous n'avez pas semblé jusque lors me considérer comme faisant partie d'icelle.
Elle conclut, l'exaspération qu'elle contenait encore se manifestant quelque peu :
— Ne me parlez surtout pas de cette famille que vous êtes sur le point de trahir. C'est indécent.

Elle ferma furtivement les yeux et se passa une main sur le front, lasse. Puis, elle replongea son regard dur dans celui d'Håkon, attendant une réaction qu'elle n'escomptait pourtant pas.
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Re: Quand les inséparables rencontrent Aristote...

Message par Ellesya le Mar 10 Nov 2009 - 13:54

[Sacristie]


La jeune duchesse suivit des yeux la sortie des vAO avec une pointe d'inquiétude. A l'entrée en matière d'Inge, cela ne présageait rien de bon. Mais enfin ils allaient se parler... du moins, c'était à espérer.

Au moins l'arrivée d'Aaron permit à Sya de se détendre. Néanmoins le geste affectueux et l'air indéfinissable du Cardinal l'étonnèrent mais elle prit le parti de continuer sur sa lancée taquine.


La chère petite est votre servante, Eminence...

S'occuper pour mieux patienter. Voilà qui serait salutaire. Cela ferait diversion de ses diverses inquiétudes et malaises.
Raymond lui tendit la pièce d'étoffe que son maître devrait porter après sa"robe de chambre".
Ellesya se tourna vers Aaron en s'apprêtant à l'aider.


Vous vous êtes un peu étoffé cet automne, dirait-on.

Mauvaise langue. Mauvaise foi. Elle s'efforça toutefois à afficher un air très sérieux en annonçant cela.
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Re: Quand les inséparables rencontrent Aristote...

Message par Håkon le Jeu 12 Nov 2009 - 17:46

Håkon avait eu le temps de penser à sa rencontre avec sa tante mais le tour que prenaient les événements le perturbait au plus haut point. Il ne savait pas ce qui tenait sa tante dans cette fureur et les mots qu'elle prononça lui firent froncer les sourcils. Il ne comprenait tout simplement plus. Elle lui lançait des salves de reproches et d'attaques plus violentes les unes que les autres et il sentait qu'il allait finir par exploser et répondre plus violemment qu'il ne le souhaitait au fond de lui.

Lorsqu'elle parla de leur famille et de trahison, cela en fut trop pour Håkon. Il ne savait pas s'il devait pleurer ou hurler de colère si bien que sa réaction fut un sombre ricanement. Serrant les poings, il parla d'une voix sourde, les jambes tremblantes.


- Du tør tale med mig uklædelig væk, og fortælle mig, at jeg ikke mener, at så almindelige som du ankommer her den dag i min ordination ved at kalde mig "Sir"? Du vover at sætte spørgsmålstegn ved mit engagement i vores familie og sige, jeg har tænkt mig at svigte? Men hvordan min computer ville være et tegn på forræderi i en familie med høje tinder til den aristoteliske religion? Er du ikke Prælat? på toppen af pyramiden?

Jeg ønsker ikke at spørge dig igen til at komme og jeg lod den belastning sya da jeg allerede havde gjort denne anmodning er der mere end seks måneder, og jeg troede da, at du altid var gunstige. Ja, jeg troede det ville genere dig mere end noget andet, og jeg forventer, at du for at gøre en gestus for at bevise, at jeg er alt andet end en byrde for dig. Du er tættere på Ellesya og du behandle det med mere fortrolighed end mig selv? Hvordan tror du jeg er tryg ved dig? Jeg kender min egen karakter vokser sandsynligvis ikke kendskab, men jeg forsikrer Dem, at jeg elsker dig som en nevø skal elske sin tante og jeg er desperat for at bevise det for dig ...

Jeg tror ikke, at være en forræder mod vores tro og vores traditioner, men jeg lader dig dommer. Her segl Ahlefeldt, du gøre mig den dag, du vil tænke mig værdig til at være repræsentant for denne familie af et godt omdømme.
*

Il était passé par les cris et par une voix brisée par le chagrin et le mal-être. Il ne savait pas ce que sa tante attendait de lui mais il savait qu'il avait réagit plus fortement qu'il ne l'escomptait. Il baissa la tête, n'espérant même plus une quelconque estime de la part de celle qui représentait son dernier lien de sang aussi proche de lui.

Spoiler:
*[La traduction est faite en grande partie avec google traduction... donc j'espère qu'il n'y a pas de personnes parlant ou écrivant le danois...]


- Vous osez me parler de distance inconvenante et me dire que je ne vous considère que comme le commun des mortels alors que vous arrivez ici, le jour de mon ordination en m'appelant "Monsieur" ? Vous osez remettre en cause mon engagement envers notre famille et me dire que je vais la trahir ? Mais en quoi mon ordination serait une marque de trahison dans une famille qui a élevé aux cimes la religion Aristotélicienne ? N'êtes-vous pas prélat ? au plus haut de la pyramide ?

Je n'ai pas souhaité vous demander à nouveau de venir et j'ai laissé Sya s'en charger car je vous avais déjà fait cette demande il y a plus de six mois et que je pensais donc que vous étiez toujours favorable. Oui, je pensais que cela vous dérangerait plus qu'autre chose et j'attends que vous fassiez un geste pour me prouver que je suis autre chose qu'un fardeau pour vous. Vous êtes plus proche d'Ellesya et vous la traitez avec plus de familiarité que moi ? Comment voulez-vous que je sois à l'aise avec vous ? Je sais que mon propre caractère ne pousse sans doute pas à la familiarité mais je vous assure que je vous aime comme un neveu doit aimer sa tante et je suis prêt à tout pour vous le prouver...

Je ne pense pas être un traître à nos croyances et nos traditions mais je vous en laisse juge. Voici le sceau des Ahlefeldt, vous me le rendrez le jour où vous me penserez digne d'être le représentant de cette famille de haute renommée.
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Re: Quand les inséparables rencontrent Aristote...

Message par AsdrubaelVect le Sam 14 Nov 2009 - 16:59

Le Duc sourit à la comtesse.

Et bien, je ne savais point que ma fille avait des connaissances si loin. Nous sommes bien heureux de vous accueillir.

Il poussa ses deux enfants pour les avancer un peu vers la Sybilla.
Et je vous présente Esyllt et Miguaël, frère et sœur d'Ellesya.

Mais si vous le voulez bien, nous allons entrer dans la collégiale, la cérémonie ne tardera probablement pas.
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