Funérailles de Sa Seigneurie Morgwen de la Louveterie

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Message par Aaron le Ven 17 Avr 2009 - 23:04

Livide, sans expression, les lèvres pincées, le regard vide, posé au bout de la nef, sur le porche d’entrée, les bras posés le long du corps sur sa soutane neuve qu’il avait mis pour l’occasion. Tel était l’état dans lequel se trouvait l’évêque de Reims. Sa consoeur avait mené le début de la cérémonie avec brio. En aurait-il été seulement capable ? Malgré l’apparente assurance de son allure, ses jambes lui semblaient immobiles, ses bras figés, son buste pétrifiés… Les cérémonies d’Aaron, s’était les mariages, pas les enterrements, pas les enterrements… Les défunts ont toujours pour dernières volontés d’avoir pour célébrant un clerc ami, proche de soi lorsqu’on était encore du monde des vivants. Mais quelle douloureuse mission que de devoir présider à une cérémonie qui sonne comme un adieu, fut-il celui qui mène au Père Universel !

Le Cardinal ne récita pas même le credo, gardant ses forces pour la lecture du Livre Saint. Il fixait maintenant le cercueil de bois, posé là, devant lui, tout aussi immobile que sa personne. Son temps de parole était arrivé ! Levant les yeux vers la voûte, il s’approcha de la chaire et débuta la lecture…


Lecture du Livre sacré- L'Eclipse, chapitre VIII

Gloire à toi Seigneur

    Nous nous approchâmes si près de l’astre divin que des flammes de plusieurs lieues de long
    nous frôlèrent. Je me demandai si je n’allais pas partager avec les sept Archanges une bien
    funeste fin. Mais Michel, sur lequel j’étais toujours juché, me dit: « N’aie crainte et
    regarde. » Je vis alors les flammes qui couvraient le soleil s’ouvrir, pour laisser place à un
    magnifique spectacle. Sous cette couche brûlante se trouvait ce dont j’avais entendu parler
    depuis ma plus tendre enfance, sans jamais savoir ce en quoi cela consistait : le Paradis!

Puis, subitement, il s’arrêta ! Il scruta l'assemblée, plissant les yeux pour ne pas que perle à ses yeux l’humidité qui les emplissait. Etait-ce l’instant qui l’émouvait, le texte, ou de voir une dame pour qui il avait de l’amitié s’en aller ? Il reprit alors…

Veuillez un instant fermez les yeux et écoutez… écoutez et vous plongez dans cette histoire, la suivre et la vivre, comme si vous aviez dans votre main celle de notre amie qui git devant nous…

    Nous atterrîmes dans un lieu magique. Tout était baigné d’une douce lumière. Où que je
    regardais, je ne trouvais pas la moindre obscurité. A perte de vue, il n’y avait ni habitation,
    ni la moindre construction. Ceux qui avaient faim se servaient sur les arbres fruitiers. Ceux
    qui appréciaient les plaisirs de la détente s’allongeaient dans l’herbe. Des enfants jouaient
    innocemment, riant et courant à travers les hautes herbes. Les sept Archanges me prévinrent
    qu’ils devaient me laisser, leur mission étant terminée. Je les remerciai grandement et leur
    dis au revoir.

    Je décidai de visiter ces lieux enchanteurs. Tous ceux que je rencontrais me souhaitèrent la
    bienvenue en me souriant. Je leur rendais leur sourire et les remerciais. Tout respirait le
    bonheur, la bonté et la joie. Alors que je m’approchai d’une petite fontaine où l’eau semblait
    si claire que je ne résistais pas à l’envie de m’y désaltérer, je vis deux hommes discuter. Ils
    me remarquèrent et me firent signe de venir. J’eus alors en face de moi rien de moins
    qu’Aristote et Christos. Ils m’accueillirent avec la plus grande gentillesse. Ils me
    demandèrent si les lieux me plaisaient et si j’avais fait un bon voyage. J’étais si ému que je ne
    savais pas quoi répondre. Je bafouillai quelque vague parole, alors que j’essayai encore de
    réaliser qui se trouvait devant moi.

Louange à toi Seigneur

Un long silence se fit avant que le cardinal ne reprenne pour son homélie…

Aaron
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Re: Funérailles de Sa Seigneurie Morgwen de la Louveterie

Message par Aaron le Sam 18 Avr 2009 - 9:04

Après ce long silence où chacun eut l’occasion de se laisser transporter vers le cieux, le prélat repris, plus souriant, plus sûr de lui. Cette lecture lui avait donné un instant de réconfort qui le rendait capable de poursuivre et de croire, sincèrement, à ce qu’il allait dire…

Au contraire de Sypous, notre chère Morgwen ne reviendra plus. Cependant, nous pouvons trouver le réconfort dans ce passage que je viens de lire et que vous avez peut-être vécu en fermant les yeux. Vous avez accompagné celle pour qui vous êtes venu aujourd’hui, dans le paradis solaire. Chacun de vous a fait le déplacement pour venir lui rendre un dernier hommage, chacun de vous lui a tendu une main pour l’accompagner dans son dernier voyage à la découverte du monde auquel elle appartient désormais.

Quel contraste n’est-il pas, entre ces mines déconfites, ces pleures à peine masquées, ces visages marqués d’une tristesse indicible, et ce texte d’où rayonne le bonheur et la joie ? Malgré l’assurance avec laquelle l’homme est persuadé et sûr que son ami rejoindra la cité céleste où règne Dieu et les anges, il ne peut s’empêcher de regretter ce départ à défaut de s’en réjouir. Moi le premier reconnaît cet état. Mais ce passage du Livre tente de nous persuader de la beauté du voyage entreprit par Morgwen, d’apporter une once de réconfort dans cette peine qui nous accable, de dissiper nos doutes, nos peurs, d’éponger nos larmes… Car le royaume de Dieu est ce qu’il est, au-delà même des mots qui pourraient le décrire : joie, bonheur et harmonie. Soyons heureux un instant, époux, frère, sœur, cousin et ami pour cette dame qui joui aujourd’hui d’un bonheur qu’elle n’a pus qu’espérer sur cette terre, et qu’elle n’a peut-être que touché du bout des lèvres dans les amitiés qu’elle aurait pu vivre en tant qu’épouse, mère et amie.

Seigneur, vous nous l’aviez donné pour faire notre bonheur, nous vous la cédons aujourd’hui sans murmurer mais le cœur navré de douleur…


Du haut de sa chaire, il fit un signe de croix par devant l’assemblée, bénissant cette dernière au nom du Très-Haut.

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Re: Funérailles de Sa Seigneurie Morgwen de la Louveterie

Message par Ingeburge le Sam 18 Avr 2009 - 12:52

Ingeburge suivit des yeux la silhouette d'Aaron qui s'éloignait vers la chaire. Elle écouta avec attention le texte lu, le situant tout de suite. Elle en savait le moindre mot, elle en connaissait le moindre silence, elle en savait les inflexions, elle en connaissait les pauses.

Elle aimait beaucoup cet extrait pour tout ce qu'il traduisait d'espoir. Il allait au-delà de la douleur éprouvée par la perte, il s'affranchissait du sentiment de vide pour rappeler que pour les vertueux trépassés s'ouvrait une nouvelle ère caractérisée par son éternité, la joie et la sérénité.
Il était difficile d'accepter la mort de quelqu'un d'aimé et ce texte était comme un baume d'espérance.

Et c'est exactement ce qui découlait de l'homélie du Camerlingue.

Les yeux d'Ingeburge se perdirent dans l'assemblée et passait vaguement de visage en visage. Mais elle ne regardait pas, ne s'attachait pas aux détails, elle était toute à l'écho que le texte trouvait en son cœur, cette connaissance qu'elle avait bien trop souvent occultée.

Le silence recueilli qui s'était de nouveau installé lui parut comme inusité et elle revint au présent. Elle jeta un nouveau coup d'œil à Aaron puis s'avança à nouveau.

Elle reprit la parole, d'une voix ténue :

— Nous allons maintenant laisser la parole à ceux qui ont souhaité s'exprimer et qui désirent évoquer le souvenir de Morgwen.
J'invite donc son époux, Asdrubael et son secrétaire particulier, Harduin Forelle, à venir me rejoindre.


Ses yeux opalins se déposèrent sur son ami et elle tressaillit imperceptiblement, inquiète.
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Re: Funérailles de Sa Seigneurie Morgwen de la Louveterie

Message par Ellesya le Sam 18 Avr 2009 - 15:26

Ellesya regagna sa place avec Esyllt Catarina. Cette dernière quêta un calin auprès de son père, ce qui arracha un sourire à la jeune fille qui reporta alors son regard vers le catafalque. Ingeburge fit enlever un bouquet qu'elle même n'avait pas remarqué auparavant. Une croix aristotélicienne vint le remplacer. Les doigts d'Ellesya se posèrent sur celle qui ornait sa gorge, sous l'étoffe de sa robe. Le médaillon était tiède, ayant puisé sa chaleur en la sienne. Son contact était réconfortant et blessant à la fois, comme un porte-bonheur et le souvenir d'un être cher perdu. Il y avait une raison pratique aussi expliquant sa dissimulation. Cela lui évitait de devoir répondre aux questions inévitables. Pourquoi portait-elle une médaille ornée de rouge comme celle des cardinaux? Mais jamais personne ne lui ferait se défaire de ce que son père de coeur lui avait légué. La main toujours posée par dessus, un peu déconnectée de la réalité, elle regarda les intendants Boudicca et Eldwin qui venaient de déposer les corbeilles comprenant les dons pour illustrer le signe de l'amitié.

Ingeburge reprit la parole. Ellesya était pendue à ses lèvres. Ses mains à nouveau serrées sur son giron. Elle savait que sa mère s'était dévouée pour son duché, puis pour la Couronne, pour enfin découvrir le vrai bonheur familial avec Asdrubael. Trop peu de temps. Elle connaissait aussi la réputation un peu sulfureuse qui l'avait suivie pendant quelques années. Mais un tournant s'était fait quelques années auparavant. Et suite à cela, et à la pénitence, elle était redevenue "celle d'avant", comme elle disait en en parlant parfois à demi-mot. Celle d'avant Rassaln et les souffrances qu'il lui avait infligé par ses errances, ses absences, surement involontairement, mais qui l'avait conduit à se perdre.

La mort venait certes. Et on devait toujours être prêt à se présenter devant le Très Haut, d'où l'importance d'être sincère dans ses demandes de pardon et de tenter de ne plus fauter. Mais comme à cette heure, la jeune fille aurait voulu que sa mère soit là. Pouvoir être serrée dans ses bras alors qu'elle les avait tellement fui. Comme elle regrettait de ne pas s'être plus rapporchée de sa génitrice lorsqu'elle en avait encore l'occasion, de combler ce fossé créé par les années d'éloignement.
Sa lèvre se mit à trembler et ses yeux à s'humidifier à nouveau. Elle se mordit la lèvre pour se contenir. Et saisit la main d'Hakon pour y puiser un peu de soutien, de présence. Les deux petits,eux, étaient accrochés à leur père.

Ingeburge cèda la parole à Aaron. Ellesya ressentait beaucoup d'admiration pour ces deux grandes figures et était très heureuse pour sa mère que ses amis officient ensemble à Amboise, en cette collégiale inaugurée par un autre cardinal, défunt celui-là, Robert Savoie. Elle n'ignorait pas que cela ne devait pas être une tâche facile pour eux et leur en étant d'autant plus reconnaissante. Son regard brillant suivit un instant le Connetable, se reporta ensuite sur le neveu de celle-ci. Elle ne lui lacha pas la main, espérant qu'il lui pardonne cette familiarité qui était un besoin à cet instant.

L'allure d'Aaron inquieta sa jeune poursuivante d'armes qui crut un instant qu'il allait resté figé là, de pierre, suspendant pour toujours la scène. Mais il fallait dire au revoir à la Louve, la laisser partir et accepter l'idée de ne plus la voir, ne plus la croiser, ne plus lui demander conseil. Le coeur de son héritière saigna un peu plus.

Le titre de la lecture sacrée fit sursauter l'esprit d'Ellesya. Kreuz... "Avez vous lu l'Ecclipse, de Sypous ?... Relisez je vous en prie, ne serait ce que le VIII eme chapitre...Le Très Haut dans sa mansuétude Celeste me permet de venir achever mon oeuvre, et mon esprit - mon âme - par trop laborieux ne devait pas considérer mon oeuvre comme achevée..."
En découvrant cette lettre du Cardinal à sa mère, la veille, elle s'était jetée sur cette lecture, l'avait dévorée durant la nuit, usant chandelles et yeux. Ce choix de texte n'aurait point du l'étonner. Il convenait à pareille occasion. Mais, cela lia les deux défunts dans l'esprit de la petite Valkyrie de Tyr... Sauf... sauf que sa mère ne reviendrait pas...

A l'invitation du Camerlingue, la jeune fille se prêta au jeu, soufflant à sa soeur de faire de même, qu'elle accompagnerait leur maman par la pensée, mais qu'elle devait bien écouter et garder les yeux fermés.
La voix les guida. Ellesya tenait toujours la main amie dans la sienne. En imaginant les lieux décrit, elle sourit doucement et malgré les yeux clos, les joues furent baignées de larmes.


Louange à toi, Seigneur...

Elle profita du silence pour quitter doucement ce monde décrit par le texte sacré, à la fois soulagée pour sa mère mais gardant toujours ce grand vide, ce manque en elle. "Seigneur, vous nous l’aviez donné pour faire notre bonheur, nous vous la cédons aujourd’hui sans murmurer mais le cœur navré de douleur…" Expression parfaite des sentiments d'Ellesya. Libérant doucement la main d'Hakon, elle retira ses gants et entreprit enfin d'essuyer ses joues humides et la goutte qui s'était attardée sur son menton.
Venait maintenant le moment des témoignages. Ce serait une épreuve qu'elle même n'avait pas voulu relever. Bien des gens avaient plus cotoyé sa mère qu'elle. Son père et Harduin étaient conviés à se lever. Se tournant pour jeter un coup d'oeil rapide vers l'assistance, la jeune fille se demanda si quelqu'un d'autre demanderait la parole également.
Pour libérer son père, elle tendit les bras vers Miguaël, cherchant à croiser le regard d'Asdru pour lui signifier qu'elle le soutenait.
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Re: Funérailles de Sa Seigneurie Morgwen de la Louveterie

Message par AsdrubaelVect le Sam 18 Avr 2009 - 18:10

La scène du signe de la lumière arracha un semblant de sourire au visage du bourguignon fatigué, voir les deux filles rendre hommage à leur mère donnait une certaine magie à l'événement, comme un soupçon de rêve pour celle qui se trouvait à présent au Paradis.

Lorsque Esyllt revint près de lui, un peu chamboulée tout de même par l'instant, il la serra doucement dans ses bras. Juste un signe de réconfort, sans effusion, il n'en était de toute façon incapable. Il lui souffla : « Merci Esyllt, tu as été parfaite. » Puis la reposa sur le banc, entre Miguaël et Ellesya.

Le Duc restait impassible et son visage absent de toute émotion. La lecture d'Ingeburge puis celle d'Aaron, leurs sensations palpables, l'homélie qui suivit, toucha Asdru outre mesure, plus qu'il ne l'aurait souhaité. Une légère larme coula sur sa joue alors qu'il entendait le cardinal conter la personnalité de son épouse. Il n'eut pas le courage de bouger la main pour venir l'écraser, elle suivit donc son chemin, traçant un sillon en lieu et place de ceux qui avaient été effacés.
Les paroles résonnant dans l'édifice pénétraient sans mal dans l'entendement du veuf qui cherchait à retrouver sa concentration, à reprendre son impassibilité afin de pouvoir suivre la cérémonie sans fondre en larmes.
La description faite correspondait presque en intégralité à celle de la femme qu'il avait aimé durant Ses dernières années.

Lorsqu'Inge appela son nom ainsi que celui d'Harduin, il inspira longuement et silencieusement, sa concentration retrouvée, il se sentait près à aller rendre un dernier hommage public à son épouse. Il déposa son fils dans les bras d'Ellesya, hochant la tête en direction de cette dernière avant de se lever.
Son pas était lent, stable et cadencé, sa longue houppelande noire cachait les quelques tremblements de ses genoux instables. Il fit un petit arrêt devant le cercueil et se signa. Une fois arrivé sur la chaire, il toisa l'ensemble de la collégiale. Le nombre de personnes présentes fit chaud au cœur au Duc, c'était l'une de Ses craintes, que comme pour les autres « grands », personne ne vienne.
Asdru regarda sa main gantée, sur laquelle brillait une alliance, quel étrange émotion lui étreignait le cœur à cet instant. Celle de Morgwen avait été volée lorsque son corps fut retrouvé, alors le Duc avait demandé à ce que la même soit reforgée, il l'avait placé la veille à un doigt de la Louve inerte.
Il prit la parole sans lire aucune note -qu'il n'avait pas d'ailleurs-, son visage était toujours fermé.


Seigneur, vous nous l’aviez donné pour faire notre bonheur, nous vous la cédons aujourd’hui sans murmurer mais le cœur navré de douleur… Il débuta en répétant la dernière phrase de l'homélie, qui l'avait particulièrement touché. Après de longues secondes, il reprit.
Je souhaite commencer en vous remerciant, tous, d'être venus pour rendre ce dernier hommage à Morgwen... Je sais qu'Elle aussi l'apprécie de là où Elle est et que cela lui fait chaud au cœur, comme à nous. Je pense en particulier à tous les tourangeaux qui l'ont vu débuter sur la scène politique et avec qui les liens s'étaient perdus. Merci, simplement, merci.


Si j'ai souhaité vous parler un petit peu de Morgwen, c'est parce que je fus son ami, confident, amant puis finalement mari. Parce que j'ai côtoyé Morgwen dans les dernières années de sa vie.
Il s'arrêta légèrement et déglutit, cet instant devait être un adieu, il fallait parler des moments joyeux, les revivre...
Comment évoquer notre relation sans parler de notre rencontre ? Un jour où, dans le cadre de ses fonctions de maréchal de tutelle de la Bourgogne, Elle venait officier à l'anoblissement d'un ami, aujourd'hui disparu. La cérémonie se déroulait au mieux, et je réussis -après négociations- à la faire rester un peu pour participer aux simples festivités prévues en cette occasion.
Le tournant de nos vies se produisit peut-être à cet instant, Elle s'évanouit en cette soirée, pour rester une semaine en un état de comas. Je l'ai veillée, avec assiduité. Et... et... Elle s'est réveillée... après que je l'ai... embrassée... pour la première fois...

Ses yeux se chargèrent de larmes lors de sa dernière phrase, alors que le reste avait été dit sans accroche, d'une voix fluide, presque doucement nostalgique. Il baissa la tête et respira par la bouche, comme pour évacuer ce trop plein d'émotions accumulée. Il était lunatique, et imaginer que le simple fait d'embrasser Morgwen n'était plus possible lui emplit la gorge de sanglots et le cœur de chagrins. Il lui fallut bien une minute pour reprendre son calme et sécher ses yeux.

Notre relation fut un peu houleuse, nous nous sommes retrouvés après un deuil qui l'a frappé et dont Elle pensait ne jamais se remettre... Nous avons eu à cette période un échange épistolaire très dense, lettre après lettre, nous raffermissions nos liens... Jusqu'au jour où nous nous sommes retrouvés... et nous sommes aimés...

Une seule rupture nous sépara... Alors que notre relation était plus tendue, plus distante... Je suis parti en Croisade en espérant que cette distance et le Très-Haut raffermissent nos liens... Il n'en fut rien et nous nous quittâmes ainsi...
Un mois plus tard, lors d'une joute où nous fûmes tous deux présents, une coïncidence, elle m'offrit ses couleurs après avoir été éliminée... Je perdis le tour suivant et m'en sorti avec une vilaine blessure. Elle me veilla... Étrange fin durant laquelle elle m'embrassa, sur ma demande...

Quelques mois plus tard, juste après la guerre en Bretagne et une grave blessure qui la tint plusieurs jours loin des combats, la Louve revint vers moi... Nous nous marions durant l'été qui suivit, ce fut le plus beau jour de ma vie... grâce à Elle...


Nouvelles larmes, nostalgie de moments tellement beaux mais passés, ce passé qu'on ne refaisait plus, fin d'une histoire, il fallait tourner une page... Mais comment la tourner, alors qu'elle est si lourde ? Alors que chaque caractère manuscrit attire l'œil, fait revenir en arrière d'une ligne... Chaque lettre se perd dans le flot d'émotions qui s'en dégage. Comment faire ?
Après avoir encore une fois essuyé sa joue d'un coup de manche, il reprit.


Morgwen pouvait paraître froide et sèche en public, c'était, je peux le dire, l'inverse de son attitude en privé. Elle tenait à garder cette image d'une femme forte, charismatique et déterminée en public. Cela lui a indéniablement été difficile, mais elle réussissait avec talent.
Dans l'ensemble de ses fonctions, que ce soit de ses responsabilités au conseil tourangeau, en tant que Duchesse ou chez les Amazones, au sein de l'hérauderie de France, jusqu'à son poste de Roy d'Armes, Elle était déterminée et s'y démenait. Chaque personne qui me parlait d'Elle me l'a assuré. Elle a laissé sa trace à chaque endroit où Elle passait, celle d'une travailleuse acharnée.

Une nouvelle larme coula mais ne perturba pas Asdru.

Elle s'était faite des ennemis à cause de son franc-parler, de ses convictions qu'Elle défendait jusqu'au bout, de la pertinence de ses propos.
A tous ceux-là, qui l'ont tant fait pleurer en coulisses, qui l'ont fait lâcher prise de ses responsabilités, qui lui ont tant de fois pourri la vie, qui l'ont parfois découragée, je n'aurai qu'une chose à leur dire : puissent-ils s'en repentir, si cela leur est imaginable. Elle-même désirait dans son testament que le Très-Haut ait pitié de leurs âmes, tous ceux qui l'ont trahi.

Sa vie fut à de nombreuses reprises difficile, à cause de ces gens sus-cités, à cause également de ses mariages : trop nombreux, trop malheureux. Et cela l'a indubitablement troublée au plus profond de son être, Elle a su s'en repentir et les oublier sur les dernières années de sa vie. Et j'espère que les années passées près d'Elle l'ont rendue heureuse, ont pu lui permettre de goûter à ce qu'une vie doit offrir, et comme Aristote l'a enseigné, le bonheur.


Il couva ensuite du regard Ses enfants au premier rang, séchant au passage quelques larmes.
Elle vécut pour ses enfants, elle fut autant qu'elle le put une source de réconfort et d'assurance pour eux. Une mère protectrice, une louve matriarcale...

Elle mérite plus que quiconque à mes yeux d'être auprès du Très-Haut, Elle mériterait que sa vie soit montrée en exemple.

Que puis-je dire de plus ? Mis à part qu'Elle me manquera, intensément, à jamais. Qu'Elle a marqué ma vie d'une tâche indélébile de bonheur. Que ces années passées auprès d'Elle furent et seront à jamais inoubliables. Qu'Elle m'a simplement rendu heureux...


Il eut bien du mal à terminer sa phrase, sa voix dérailla un peu et les larmes reprirent leur gracieux chemin. Il porta la main à son visage pour cacher ses yeux et descendit lentement.
Il se présenta à nouveau devant le cercueil et en caressa lentement le bois du bout des doigts.
De sa voix défaillante, il souffla suffisamment fort pour que les premiers rangs l'entendent, en direction du cercueil.


Merci Gwen, mon Amour...

Il baissa la tête et étouffa un sanglot. Asdru reprit assez rapidement sa place, emprunt d'une vague et indicible sensation de vide. C'était une partie de lui qu'il laissait dans ce morceau de bois aujourd'hui. Les dents serrées et la gorge sèche, il demeura à présent assis.
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Re: Funérailles de Sa Seigneurie Morgwen de la Louveterie

Message par Hans le Sam 18 Avr 2009 - 19:23

Après avoir déposé le cercueil à sa place, Hans s'était fondu dans la masse des personnes présentes, redevenant un visage sombre et anonyme pour suivre la cérémonie.
Ses amis étaient tous venus sans hésiter une seconde, cela l'avait touché, pour Elle et pour lui. Son épouse était à ses côtés elle aussi, et peut-être que grâce, ou à cause de sa présence, il ne se montrait pas trop affligé, mais rien ne pouvait réellement lui apporter de réconfort.

Chaque mot, chaque parole des prélats sonnaient creux à ses oreilles. Les funérailles de la Louve étaient pourtant une réussite indéniable, autant par leur conduite que par le nombre et la qualité de ceux venus lui rendre un dernier hommage et lui dire adieu, mais le seigneur de Ferrière Larçon ne se sentait pas à l'aise, pas à sa place au milieu de cette foule.
Le décès de son bébé quelques mois auparavant avait déjà changé l'homme qu'il était, la disparition de son amie avait encore empiré les choses. La lassitude et la mélancolie n'étaient plus des épisodes passagers traversant son existence, ils en étaient devenus les fondements.

Le vassal abandonné par sa suzeraine risqua un regard vers sa petite femme, la dernière personne qui pouvait peut-être encore le sauver et lui faire vivre des instants de bonheur.
Il écouta ensuite à peine le veuf éploré, qui tenait plus de la madeleine humide que du chef de guerre qu'il avait croisé la première fois. Certains passages lui rappelèrent des évènements familiers, souvent douloureux. La croisade, la Bretagne, son rôle de chaperon si mal tenu, les confidences de Gwen, les blessures, les épreuves...
Et une sorte de grimace sans doute imperceptible naquit sur le visage du lochois à l'écoute des dernières phrases d'Asdru.
De son côté il lui dirait au revoir plus tard, d'une autre manière, sans témoin, et même certainement sans avoir à parler à haute voix.

Sa main droite s'ouvrit et se referma une ou deux fois. Elle ne tremblait pas aujourd'hui, et avait encore de basses œuvres à accomplir. Car même si sa duchesse avait déjà atteint le paradis solaire et reposait en paix, lui ne pourrait commencer son deuil tant que les flammes de la vengeance consumeraient son âme. Il s'était déjà éloigné de l'Eglise, de la vertu, des principes chevaleresques et de l'amour pour atteindre son but, et il se surprit à penser qu'il lui tardait que la cérémonie s'achève enfin pour pouvoir repartir sur les routes...

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Re: Funérailles de Sa Seigneurie Morgwen de la Louveterie

Message par leanice le Dim 19 Avr 2009 - 0:24

Elle était venue pour accompagner sa fille et son époux, Hans, le vassal de Morgwenn.

Elle savait combien il était attaché à sa Suzeraine et combien cette peine devait être terrible pour lui. cette mort si rapide, si inattendue, à ses yeux du moins.

Elle se mit a prier, songeant à tous les êtres dont la mort nous sépare, elle qui avait déja une fois été veuve.

Sa priére se fit longue, sincère, de tout son coeur, elle priait pour la Dame des lieux, mais aussi pour tout ceux pour qui elle ne prenait jamais le temps de prier, et qui lui manquait tellement.

A tous ceux également perdus sur les champs de bataille, qui avaient combattu à ses cotés ou qui étaient mort sous sa main.

Le monde autour d'elle cessa d'exister, seule la communion avec Dieu habita son coeur et son esprit.
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Re: Funérailles de Sa Seigneurie Morgwen de la Louveterie

Message par Laurre de Lasteyrie le Dim 19 Avr 2009 - 12:01

Laurre, le visage dissimulé sous son voile, était secouée part des sanglots, elle repensait aux moments passés avec sa marraine, son cadeau de Dot pour lui permettre d'épouser son tendre Ben-Elazar, la remise de fief à sa fille et le baptême de son dernier né, tous ces instants de bonheurs réapparaissaient, et son coeur se serra, elle prononça tout bas.

- Ma chère marraine, dit à Ben qu'il me manque.

Machinalement elle jouait avec son alliance, comme pour sentir la présence de son défunt mari. Elle comprenait mieux que quiconque la peine que resentait Asdrubaelvect.
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Re: Funérailles de Sa Seigneurie Morgwen de la Louveterie

Message par Harduin Forelle le Dim 19 Avr 2009 - 12:54

Harduin avait été tragiquement touché par la mort de sa maîtresse. Il ne mangeait plus qu'un brouet infâme et buvait peu. Il passait son temps en prières pour le salut de l'âme de la Duchesse. Lorsque la cérémonie des funérailles avait été annoncée, il avait sollicité le droit de parler d'elle. Il n'avait pas pensé à ce qu'il allait dire car il ne savait pas ce qu'il serait capable de dire. Et pourtant, il était à présent le temps de la parole. Le Duc d'Amboise s'était levé peu avant et avait parlé d'elle, de lui, d'eux. Harduin avait appris à cette occasion certains détails dont il ne s'était jamais préoccupé auparavant. Il soupira. Comme il était dur de survivre.

Lorsque le Duc eu terminé, il se leva et s'avança vers l'avant de la collégiale.

Il ne pouvait juger l'homme qui avait perdu Morgwen de la Louveterie dans sa posture inconvenante à un homme de son rang. Il ne pouvait d'autant pas le juger qu'il ne savait pas les premiers mots qu'il allait prononcer quelques instants plus tard et ce que ceux-ci feraient ressortir chez lui.

Il se plaça face aux famille, amis, connaissances présentes et prit la parole.


- Quasiment aucun d'entre vous ne me connaît. Je me nomme Harduin Forelle et j'étais le secrétaire particulier de Sa Grâce Morgwen de la Louveterie. Quelle audace penseront certains d'oser venir parler alors que je ne suis ni noble, ni prélat. Mais je répondrai à ceux-là que ma présence ici tend à rappeler comment était Sa Grâce Morgwen. Prompte à accueillir les gens sans les juger. Elle m'a accueilli icelieu lorsque je n'étais qu'un enfant, un jeune scribe venu travailler un jour à la place de son maître malade. Je venais alors d'entrer dans un monastère pour me vouer à la vie de religieux et je serai devenu moine copiste. A la place, la Dame me proposa de venir et d'être membre de la communauté sise en sa collégiale.

Harduin fit quelques pas.

- J'ai accepté sa proposition, peu sûr de moi et impressionné par la gentillesse de cette grande Dame et je ne l'ai en aucun cas regretté. Elle m'a pris sous son aile et m'a pratiquement élevé, je n'oserai dire comme un fils car je ne pense pas en être digne mais comme un neveu.

Ce qui faisait de Morgwen une grande dame, ce n'étaient pas ses titres pourtant nombreux, ce n'étaient pas les charges occupées par le passé et Dieu sait qu'elle en a occupé de nombreuses et la plupart avec un brio remarqué. Non, ce qui faisait de Morgwen la grande Dame qu'elle était c'était sa qualité humaine.

Je pense que je peux en témoigner, comme tous ceux qui ont vécu auprès d'elle.

Je prie pour qu'elle nous entende, assise avec ses amis défunts à la table du Très-Haut.


Harduin alla se rasseoir, un peu gêné mais plus serein qu'auparavant.
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Re: Funérailles de Sa Seigneurie Morgwen de la Louveterie

Message par titoukiki le Dim 19 Avr 2009 - 14:50

la ceremonie etait emouvante, elle ne pouvait le nier et les paroles du duc confirmaient les sentiments qu'il eprouvait pour son epouse
tournant la tete, elle adressa un leger sourire a sa mere la remerciant par ce geste de sa presence a ses cotés, elle savait tres bien qu'elle avait fait cela pour son gendre et elle mais egalement parce qu'elle reconnaissait en la duchesse la grande dame qu'elle fut

de temps a autre elle verifiait l'etat de son epoux, plus que jamais elle savait que ses demons avaient repris possession de lui le ravageant autant physiquement que psychologiquement
afin de le reconforter, elle commenca par lui effleurer la main pour la lui prendre et la serrer comme pour lui dire qu'elle etait presente pour lui, juste pour lui, lui transmettre un peu de sa chaleur et si il le ressentait, de son amour

titou n'etait pas a sa place en ce lieu et se sentait de plus en pus mal a l'aise
elle adressa un regard a son bien aimé et formula une priere silencieuse pour que cela prenne fin au plus tot, elle avait une chose a faire avant de partir de touraine..... retourner se recueillir sur la tombe de son bébé

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Re: Funérailles de Sa Seigneurie Morgwen de la Louveterie

Message par Maathis le Dim 19 Avr 2009 - 23:05

Mellecey était resté très discret depuis le début de la cérémonie. Il avait finalement peu connu la défunte, à part au travers de ses diverses fonctions officielles. Rien de bien personnel, sauf le jour où la dame était restée à un bal donné après la cérémonie d'allégeances bourguignonne où il avait été convié, comme elle qui suppléait le héraut de Bourgogne alors défaillant.

Mais voir son ami AsdrubaelVect aussi affecté m'émut sincèrement, il prit alors toute la mesure de celle à qui l'on rendait ici hommage. Cela représentait bien plus pour lui que toutes les hagiographies que l'on ne manquerait pas de faire...
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Re: Funérailles de Sa Seigneurie Morgwen de la Louveterie

Message par Ingeburge le Lun 20 Avr 2009 - 13:29

Ingeburge avait écouté les deux intervenants avec des entiments bien différents. Autant pour le second, elle avait suivi avecune réserve polie, autant le premier, son ami, l'avait-il touché.

Elle se tenait en retrait d'Asru, aussi, ne l'apercevait-elle que de dos; et de ne pas voir son regard et son visage l'aidèrent à rester distante durant le temps de son discours. Elle aurait aimé être à ses côtés pourtant, pour lui dire qu'il n'était pas seul.
Mais elle ne le pouvait pas et ce n'était pas plus mal.

Quand les deux hommes eurent terminé, elle fit quelques pas en avant et déclara à l'assistance :

— Toute personne désireuse de dire un mot est maintenant invitée à le faire.
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Re: Funérailles de Sa Seigneurie Morgwen de la Louveterie

Message par Persan le Lun 20 Avr 2009 - 14:17

Persan leva un sourcil à l'invitation du Cardinal. De la Cardinale ? Il ne savait pas trop comment appeler ce genre de bête. Dire un mot ? Il aurait bien dit Groumpf mais cela aurait certainement paru déplacé. Et que dire après le long discours d'Asdru. Ce pauvre bougre avait tout dit. Persan avait ressenti de la compassion à l'écouter ainsi parler de celle qu'il avait aimée. Cela le confortait dans sa décision personnelle de ne plus jamais aimer personne et pourtant. A cette simple mention, son visage s'épanouit devant ses yeux. Il secoua la tête, maugréa un groumpf à peine audible. Il la foutrait dans son lit, un jour ou l'autre, et tiendrait ainsi ce foutu démon qu'on appelait amour loin de lui. De nouveau calme, c'est l'esprit serein qu'il attendit qu'une bonne âme se dévoue.
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Re: Funérailles de Sa Seigneurie Morgwen de la Louveterie

Message par teia le Lun 20 Avr 2009 - 20:45

La cérémonie se déroulait et la peine était immense pour les personnes présentes. Teïa récita le crédo et pria pour cette grande dame qu'était Morgwen. Elle écouta Asdru parler de sa bien-aîmée, de l'amour qu'ils avaient l'un pour l'autre et du temps qu'ils avaient mis à se rejoindre. Aujourd'hui elle l'avait laissé avec ses enfants et était parti rejoindre le Trés-Haut.

Puis vînt un homme qui se présenta comme le secrétaire particulier, messire Harduin Forelle. Il parla de sa maîtresse Morgwen en termes respectueux. Quelle femme, dommage qu'elle soye partie si tôt pensait Teïa.
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Re: Funérailles de Sa Seigneurie Morgwen de la Louveterie

Message par Ellesya le Mar 21 Avr 2009 - 21:01

Sya écouta son père sans se sentir plus accablé de chagrin. Il était toujours là, certes, mais la chaude présence de Miguaël dans ses bras la préservait pour un temps du vide laissé par la Louve. Son petit frère répondait favorablement au besoin de calin de la jeune fille. A l'invitation de celle-ci, il avait accepté de se blottir dans les bras de la petite Valkyrie et répondait à ses sourires. Pour le taquiner, Sya souffla dans ses cheveux auburn mais s'en tint là pour ne pas risquer de le faire rire aux éclats comme il était enclin à le faire au moindre amusement. Cela ne serait pas de bon ton le jour des funérailles de leur mère.
D'une oreille, elle avait écouté les paroles du Duc sans aucun désintérêt mais n'y mettant pas toute sa concentration pour éviter le retour des larmes sur ses joues.

Asdru revint prendre place au premier rang. Elle lui toucha le bras pour l'assurer en silence de sa présence pendant qu'Harduin prenait à son tour la parole. Ce dernier était entrer dans la mesnie de la Louveterie alors qu'elle-même était en Savoie. Son témoignage la toucha et lui apprit nombre de détails qu'elle ignorait encore.

L'annonce d'Ingeburge fut suivie d'un silence durant lequel la nouvelle chef de la Famille réfléchit à la décision à prendre. Ce serait sa seule occasion de parler de sa famille et de celle qui en fut le pilier durant tant d'années. Sans prendre vraiment conscience qu'elle s'était levée, elle marcha jusqu'au devant de l'assistance, salua respectueusement Ingeburge et Aaron puis se tourna vers l'assistance peuplant la collégiale. Son coeur se mit à battre la chamade. Elle s'obligea à respirer à fond pour se calmer et trouver le premier mot... un premier mot qui lui permettrait de dérouler son discours improvisé.


Merci à tous d'être venus pour prier avec nous et dire au revoir à ma mère.

Je suis sa fille ainée, Ellesya, et depuis Son décès, à la tête de la Famille de la Louveterie.
Ma mère implanta notre Maison en France lorsqu'elle sortit de l'enfance et quitta le giron de son père. En fait, nous sommes originaires de terres impériales, plus au Nord des territoires français. Après un court passage par l'Artois, elle prit la route pour la Touraine lorsque les routes furent rendues libres, au printemps 1453. Dès son arrivée, elle entra au conseil municipal, puis seconda le deuxième maire pour enfin devenir mairesse de Chinon à son tour. Cette époque scella, je pense, son amour pour la Touraine puis pour la France qui fut sa nouvelle patrie. Et le non retour vers l'Empire, faisant de la France le berceau de sa descendance.

Sous le deuxième duc de Touraine, elle entra au conseil ducal et devint Baronne de Vouvray. Ses voyages vers d'autres contrées commencèrent ensuite. A l'époque, elle vécut quelques temps en Poitou où nombre de tourangeaux avaient déménagé. Puis en Auvergne. Avant de revenir auprès du duc Fnor qu'elle seconda au conseil ducal en tant que Juge, puis Duchesse, Régente et enfin Duchesse élue. Son investissement en Touraine fut long, très varié et continua dans le temps, dans l'ombre, bien après qu'elle eut quitté le conseil. Je ne pourrais citer toutes ses réalisations et les charges qu'elle occupa tout d'abord parce que la liste serait longue et que je risque de tous vous endormir. Et surtout parce que je ne la connais pas par coeur. Une chose est sûre, outre la charge de Duchesse, elle se démena particulièrement en tant que Juge de Touraine et Chambellan. Elle fondit la chancellerie de Touraine, s'investit auprès de l'Alliace du Centre, oeuvrant pour que la Touraine y adhère officiellement. Dans le domaine de la Justice, après la Cour ducale, elle fut invitée à siéger à la Cour d'Appel de France, et enfin en fit de même au Tribunal héraldique.

Chez les amazones, elle a oeuvré comme émissaire. Avec la baronne Oya, ma défunte marraine, elles étaient à la tête de la diplomatie de l'Ordre. Elle devint ensuite Senechale et mena l'ordre lors des absences de la Grande Amazone. Pour préserver son ordre de la disparition, une réforme fut mise sur pied par la Louve. L'une des conséquences fut la reconnaissance royale et la mutation des Amazones en Ordres des Dames Blanches.

Vous me pardonnerez de ne pas inclure de date... je... je n'avais pas prévu de prendre la parole, mais avant que ce ne soit trop tard, je voulais dire quelques mots sur son parcours. Je n'envie pas sa vie car elle paya cher les honneurs qui lui furent rendus et nombre de ses actions furent méconnues ou volontairement oubliées, mais je sais qu'elle me servira de modèle en ce qui concerne son dévouement pour la Touraine, la Couronne et le Très Haut.

Quand elle se retira de la politique tourangelle, ce fut pour entrer au service de la Couronne, comme héraut généalogiste, puis maréchal d'armes, Maître de la Ligue de Joutes et enfin Roy d'Armes. Elle se mit au service de la Noblesse dans bien des duchés dont la Bourgogne où elle rencontra celui qui est maintenant mon père. En Anjou, dont je vois quelques personnes dans l'assistance ici présente. En Berry, aussi... et caetera.
Ses qualités et son investissement à la Cour d'Appel et l'Hérauderie lui ouvrirent les portes de la Pairie. Malheureusement son investissement y fut le moins productif parmi toutes les charges endossées durant sa vie. L'Hérauderie et certains drames qui la laissèrent blessées et que certains d'entre vous connaissent, la fit se retirer sur ses terres. Pour retrouver le bonheur simple de gérer ses terres, de rencontrer ses gens, de choyer sa famille et de tenter de rassembler les membres dispersés. Un mal pour un bien, j'aurais envie de dire, avec le recul.

Si son investissement pour la Touraine et la Couronne sont les plus connus, elle ne délaissa jamais ce que lui dictait sa foi dès l'instant où elle se convertit. Que ce soit pour améliorer les relations entre son Ordre et l'Eglise ou permettre aux aristotéliciennes d'aovir les mêmes droits à l'apprentissage de certaines connaissances au sein même de son Ordre. Que ce soit en fournissant au défunt père Girtan des vivres pour les nécessiteux, en soutenant les aspirants vidames de Tours dont 3 des 4 étaient ses vassaux, en fournissant la riche terre de Fondettes à l'Eglise via l'Archevêque de Tours pour permettre une meilleure assise à une époque où la "possession" de la terre servait les intérêts des uns et des autres.
On ne peut s'investir dans tous les domaines dans sa vie, à moins de vivre jusqu'à un âge avancé ou de bacler ses ouvrages, de sauter d'une charge à l'autre et de ne faire que de la gestion courante. Voilà ce qu'elle pensait. Elle avait dédié sa vie à certains, alors elle faisait ce qu'elle pouvait pour le reste.

J'oublie certainement de dire de nombreuses choses mais je crois que j'ai assez user de votre patience à tous. Je terminerai en vous lisant son serment de Chevalier que j'avais apporté avec moi afin de le glisser dans son tombeau le moment venu. Je crois qu'il résume assez bien ce que fut sa vie...

    "Nous promettons de combattre le doute et la colère pour que toujours nous puissions remplir notre engagement le bras solide et l’esprit clair, dans le respect et la pitié.

    Nous jurons que jamais nos compagnons d’armes n’auront à craindre une faiblesse de notre part. Notre poigne sera ferme et notre volonté dévouée à nos missions ;

    Que tout homme ou femme pourra trouver en nous, si sa cause est honnête, un soutien désintéressé et des conseils donnés sans arrière-pensées autre que le bien de tous et la préservation de la Justice, quoiqu’il nous en coute ;

    Qu’humblement nous oeuvrerons à mettre en lumière les appertises et qualités des méritants en chassant la jalousie et l’injustice.

    Que notre épée et notre âme soient guidées par notre Foi pour ne jamais dévié de notre serment ! Ainsi le voulons nous."


Une dernière fois... merci pour votre présence. Si cela ne nous empêche pas de la pleurer, si cela n'empêche pas le deuil, notre coeur est allégé de voir nos prières et pensées accompagnées des vôtres.

Sur ces mots, elle observa quelques longues secondes la foule présente, soupira, soulagée et s'en fut s'asseoir sur son banc, auprès de sa famille et de son ami.
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Re: Funérailles de Sa Seigneurie Morgwen de la Louveterie

Message par Ellesya le Mer 22 Avr 2009 - 22:49

[hrp]LJDIngeburge ayant quelques soucis de connexion, l'avancée de la cérémonie est quelque peu perturbée. Merci de votre participation et de votre patience.[/hrp]
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Re: Funérailles de Sa Seigneurie Morgwen de la Louveterie

Message par Juliette le Jeu 23 Avr 2009 - 11:43

Pas un mot, pas une expression claire sur son visage. Juliette restait figée sur place en écoutant toutes ces personnes qui parlaient certainement mieux qu'elle de Morgwen. Qu'aurait pu dire Milamber à ce moment là ? Elle s'apercevait au final qu'elle ne connaissait de cette femme qu'un penchant de sa vie et qu'elle n'en connaitrai certainement pas plus que ce qu'on racontait aujourd'hui. Avec ces paroles, Juliette comprenait ce que voulait dire "grande Dame". Elle savait pertinemment ce qu'aurait fait son époux. A cette pensée, elle se jura de l'accomplir du mieux qu'elle pourrait. C'était bien là ce que pouvait faire une vraie Lasteyrie et pour l'exemple vis à vis de sa fille, elle le ferait.

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Re: Funérailles de Sa Seigneurie Morgwen de la Louveterie

Message par Ingeburge le Jeu 23 Avr 2009 - 20:04

Ingeburge écouta l'intervention d'Ellesya avec attention. La jeune fille avait finalement décidé de s'exprimer, bravant les regards emplis de commisération inévitablement posés sur elle et surmontant le temps de quelques mots la peine qui devait sans aucun doute l'étreindre.
Ce discours d'une fille en hommage à sa mère fut touchant et put rappeler à tous ce que Morgwen avait accompli au cours de sa vie.

Le cardinal surveillait de temps à autre le visage d'Asdrubael, cherchant à anticiper ce qui pourrait advenir. Son regard se posait également sur Esyllt et sur son plus jeune filleul.


Ingeburge s'approcha finalement du catafalque et brisa le silence qui s'était de nouveau installé au terme du discours d'Ellesya :

— Avant de quitter cette collégiale, adressons un dernier adieu à notre soeur Morgwen. Avec respect et affection, confions-la au Très-Haut dans l'espérance de nous retrouver un jour avec elle auprès de Lui.
Elle se tut quelques secondes puis dit :
— Avec tous ceux qui nous ont précédés et qui vivent déjà auprès du Seigneur, avec l'immense cortège des saints, nous souhaitons un bon dernier voyage à son enveloppe charnelle.

Nous allons désormais nous rendre à la crypte. Chacun est invité à prendre un cierge avant de descendre et à suivre les porteurs.


Elle fit un petit signe à Hans pour que ses compagnons et lui descendent le cercueil à la crypte.
Elle retira au préalable la croix qu'elle empocha et attendit que les porteurs la rejoignent.

Quand ils arrivèrent afin de porter une dernière fois la dépouille de Morgwen, la voix des chanteurs s'éleva de nouveau sous les voûtes de la Collégiale. *

Ingeburge se dirigea alors vers l'autel et passa sur le côté, là où une trappe avait été tirée et descendit au sous-sol.




-----------
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Re: Funérailles de Sa Seigneurie Morgwen de la Louveterie

Message par Fagnard le Ven 24 Avr 2009 - 11:34

Le visage fermé, le Graf écouta les interventions, pria en sa langue et se remémora ses souvenirs d'enfance avec ses demi-soeurs, Morgwen et Esylt, sur les terres de la Louveterie.

Il se leva le moment venu. Le Primat du SRING menait la cérémonie avec brio. Cela était un très bel hommage pour sa soeur. Empoignant le cercueil avec les tourangeaux, il le souleva du catafalque pour se diriger vers l'autel et la dernière étape du voyage de la Louve.




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Re: Funérailles de Sa Seigneurie Morgwen de la Louveterie

Message par Håkon le Ven 24 Avr 2009 - 18:10

Håkon suivit son amie et sa tante à l'intérieur. Il se retrouva installé aux premiers rangs, auprès d'Ellesya, un peu gêné mais heureux de demeurer auprès de son amie. Il fit une génuflexion face à l'autel, toujours émerveillé par la beauté de cette collégiale, déjà vue lors du baptême du jeune frère de Sya.

Il suivit avec attention la cérémonie, guidée et ordonnée par sa tante, Ingeburge qui faisait cela de très belle façon. Il espérait pouvoir apporter autant de paix et de sérénité à un office placé à un moment aussi difficile à supporter pour ceux qui avaient perdu un proche, tout autant persuadé de son voyage vers le paradis solaire qu'ils pouvaient l'être.

La Dame Morgwen avait été une grande dame et le nombre de personnes présentes ce jour en témoignait largement. Après le credo et la confession, l'homélie et le sermon, il écouta avec attention le Duc d'Amboise, puis un domestique de la Dame parler d'elle, d'eux. Il sentit la main d'Ellesya se saisir de la sienne et la serra légèrement pour la rassurer de sa présence. Il n'avait pas de solution, mais avait l'espoir que, comme pour lui, le temps lui laisserait de beaux souvenirs et une paix sereine en pensant à sa mère. Elle lui manquerait comme lui manquaient ses parents mais l'amitié et l'amour de ses proches l'aideraient à aller de l'avant. Il espérait que cette famille resterait unie.

Il lâcha la main de Sya lorsque celle-ci se leva pour aller parler de sa mère. Il l'écouta attentivement, captant au passage des éléments sur la Duchesse. Cela le ramena plusieurs mois, plus d'un an auparavant lors de l'intronisation de sa tante à la Principauté de Cologne, lorsqu'ils s'étaient retrouvés tous deux au banquet et avaient parlé de sa mère. De cette journée était né une légère friction qui avait traîné. Il lui adressa un petit sourire lorsqu'elle revint et lui prit à nouveau la main.

Lorsqu'elle se leva pour suivre le mouvement vers la crypte, il relâcha sa main et la suivit. Il était discret mais présent, tel que le poussait à être sa nature. Il avait cependant une petite interrogation... Comment se faisait-il que ni la hérauderie, ni la pairie, ni la Cour d'Appel n'aient envoyé de représentant pour cette femme qui avait été un membre important de ces trois institutions... décidément la France ne cessait de l'étonner.
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Re: Funérailles de Sa Seigneurie Morgwen de la Louveterie

Message par Persan le Sam 25 Avr 2009 - 13:51

Persan se leva et observa le cercueil se dirigeant vers sa dernière demeure. Il ne suivit pas les uns et les autres vers la crypte. Il était venu là en l'honneur d'une amie trop vite perdue et ne voulait pas assister à cette mise en crypte. Quand le cercueil eut disparu par l'ouverture, il adressa quelques mots silencieux à l'air ambiant.

Au revoir, mon amie. Au revoir, Morgwen.

Il se dirigea ensuite vers la sortie et la lumière du jour. L'ambiance des lieux était décidément trop lourde pour un incroyant tel que lui. Où que soit Morgwen, il était sûr d'une chose, elle n'était pas bien loin et veillerait encore longtemps sur les siens.
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Re: Funérailles de Sa Seigneurie Morgwen de la Louveterie

Message par AsdrubaelVect le Sam 25 Avr 2009 - 15:45

Après son long discours, son visage prenait davantage la mesure des émotions qu'il avait ressenti depuis qu'il s'efforçait de garder une concentration imparable. Finalement, il était relativement content de son discours et soulagé de l'avoir fini.
Il écouta ensuite la courageuse prise de parole d'Ellesya, sa fille non moins courageuse, tantôt les yeux clos, tantôt le regard fixé sur la jeune femme pour s'imprégner des émotions qu'elle laissait transparaître par ses attitudes, son visage, ses yeux.
Lorsque celle-ci revint s'asseoir près de la famille, il lui souffla quelques mots :


Je te félicite Ellesya, ton discours était très bien... tu as su rendre à ta mère ce qui était à Elle, qui Elle était.

Il hocha la tête, les yeux brillants de larmes qui ne coulaient pas, mais un regard et un visage aussi expressifs que possible.

Ingeburge signifia bientôt le départ pour la crypte qui se situait sous l'autel. Le Duc prit son fils contre lui et le soutenait d'un bras, il tenait de sa main libre celle d'Esyllt.
Ils se dirigèrent vers la trappe, à la suite du cercueil...
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Re: Funérailles de Sa Seigneurie Morgwen de la Louveterie

Message par Sibella le Dim 26 Avr 2009 - 1:32

Sibella avait froid, elle savait que cela provenait de la peine et la tristesse qu'elle subissait. Elle écoutait attentivement Ellesya parler clairement de sa maman. La jeune fille était forte, sa voix ne tressaillait pas, ses phrases s'enchainaient les unes aux autres et pourtant en elle, son coeur était brisé, mais elle ne laissait rien paraitre.

Quelle belle rétrospective de la vie de Gwen, une femme hors du commun, une femme qui paraissait froide et dure, mais pourtant son coeur était du cristal.


Sibella avalait sa salive et inspirait profondément afin de ne pas pleurer. Ces moments étaient forts et emprunt d'émotion.

L'époux de Morgwen, AsdrubaelVect, était affligé également, quel dommage que leur bonheur n'est pas été plus long, pourquoi la mort les a séparé alors qu'ils avaient tout pour être heureux.

La cérémonie touchait à sa fin. Doucement, en regardant le cercueile, la jeune femme murmura "
au revoir Gwen, repose toi, tu me manques".

A présent, à la demande du Cardinal Ingeburge, nous allions accompagner Morgwen à la Crypte. Les nombreuses personnes commencèrent à bouger et Sibella suivait afin d'aller prendre un cierge.
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Re: Funérailles de Sa Seigneurie Morgwen de la Louveterie

Message par Eldwin le Lun 27 Avr 2009 - 14:16

Après être revenu à sa place Eldwin continua à suivre la cérémonie avec attention. Mais l'émotion qui submergeait toute l'assemblée commençait à devenir pesante. Même Ingeburge, qu'on aurait pu aussi appeler le Roc, commençait à difficilement contenir sa peine. La lecture du Livre des Vertus faite par le Camerlingue permit à tout le monde de reprendre un peu contenance. La lecture était parfaite, tout comme l'homélie du camerlingue. Mais le plus bouleversant fut le témoignage du Duc, celui d'Harduin et celui de la petite Valkyrie, criant de vérité et d'authenticité sur Morgwen. Suites aux mots de la cardinale il se leva, et tranquillement suivit le cortège vers la crypte, prenant au passage un cierge allumé. Son coeur précédement oppressé par les émotions ambiantes étaient à présent relâché, serein. Morgwen était forcement auprès des saints et du Tout-Puissant, il n'en avait aucun doute. Faisait donc à présent place à la douleur de sa perte la joie de la savoir heureuse et de la savoir vivant le vrai Bonheur au Paradis solaire.
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Re: Funérailles de Sa Seigneurie Morgwen de la Louveterie

Message par Barbe_noir le Mar 28 Avr 2009 - 16:22

L'actuel duc de Touraine, Barbe_noir , suivait la messe d'enterrement dans un coin retiré de la collégiale. Son entrée avait été plutôt discrète. Il était impressionné par la foule de personnes de haut rang présentes. Il connaissait peu Dame Morgwen de la Louveterie mais en avait entendu vanter les mérites. Il aperçut, près des bancs réservés à la famille, son amie et porte parole, Boudicca. Il tenterait de la rejoindre au moment de l'entrée du corps à la crypte

Barbe_noir

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Re: Funérailles de Sa Seigneurie Morgwen de la Louveterie

Message par LLyr le Lun 4 Mai 2009 - 15:55

Le Duc de Touraine fut rejoint par le Héraut de la même Province, habillé de deuil, comme il sied à tels moments. Il salua du chef et resta avec le duc régnant de Touraine dans ce coin retiré de la collégiale, attendant que la masse des personnes présente ait fait leurs derniers hommages à la défunte avant de se résoudre lui aussi à dire quelques mots, s'il en trouvait le courage et la substance.
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Re: Funérailles de Sa Seigneurie Morgwen de la Louveterie

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